L’aile dure de l’UDC souhaite-t-elle vraiment l’élection de Bruno Zuppiger au Conseil fédéral? Apparemment pas, s’il faut en croire la Weltwoche. Dans son dernier numéro, l’hebdomadaire proche de Christoph Blocher estime que, si les Chambres fédérales venaient à refuser l’élection du Zurichois et président de l’USAM, l’UDC «aurait enfin les mains plus libres que jamais». Car le parti n’aurait pas fait le choix de l’opposition de lui-même, mais «il y aurait été poussé par l’Assemblée fédérale». L’aile blochérienne dure qui joue la politique du «tout ou rien» verrait ainsi ses thèses justifiées.

Par contre, l’élection de Bruno Zuppiger, candidat acceptable pour les partis du centre, «lierait le groupe et le parti lui-même». La Weltwoche décrit ainsi un Bruno Zuppiger ambitieux et contesté, qui n’aurait pas la dimension économique qu’on lui prête. Il serait susceptible de céder aux pressions des lobbies et de se transformer en un nouveau Samuel Schmid, malléable.

Selon la Weltwoche, l’épouse de Bruno Zuppiger aurait joué auprès des six enfants d’Ueli Maurer le rôle de mère de substitution lors de la maladie de l’épouse du conseiller fédéral. On aurait donc au gouvernement, selon la Weltwoche, un cercle familial élargi très soudé. Cet article agace profondément les dirigeants de l’UDC, qui s’interrogent sur les raisons de ce «coup bas». «Avec Bruno Zuppiger, qui est un homme capable de faire un pas vers les autres partis tout en restant fidèle à ses convictions, nous voulons vraiment rétablir la concordance. Il y a une unanimité indiscutable là-dessus», assure le président du groupe, Caspar Baader.

Un autre député UDC relève que les tenants de la ligne intransigeante n’ont plus les moyens d’imposer une politique du «tout ou rien», car leur stratégie a fait perdre le parti.