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L'UDC soutient massivement RIE III et rejette l'initiative «Sortir du nucléaire» 

L'UDC, réuni à Balstahl, s'en prend au Conseil fédéral et au PLR. Il rejette très largement l'initiative des Verts et appuie la réforme de la fiscalité des entreprises RIE III. Elle permet, selon Magdalena Martullo-Blocher, de «sauvegarder notre souveraineté fiscale»

Les délégués de l'UDC tenaient samedi leur assemblée à Balsthal (SO). Ils ont recommandé de refuser l'initiative des Verts «Pour la sortie programmée du nucléaire» en votation le 27 novembre. Ils ont par contre invité à voter «oui» à la RIE III, combattue par référendum et soumise au peuple le 12 février prochain.

Dans son allocution, le président du parti Albert Rösti a tout d'abord, selon l'ATS, critiqué le PLR et le PDC concernant l'application de l'initiative contre l'immigration de masse. «Le PLR et le PDC ont définitivement déménagé dans le camp de la gauche», a-t-il déclaré, soulignant le «bon travail» du PS «dans les rangs du PLR».

Il s'en est également pris au Conseil fédéral, dont il estime qu'une majorité «continue sans relâche de miner la souveraineté et l'autodétermination de la Suisse». Il a notamment critiqué toute idée de contreprojet à l'initiative RASA. Selon lui, l'acceptation de la volonté populaire exige son refus sans y opposer de contreprojet.

Contre la sortie du nucléaire...


Par 363 voix contre 3, l'assemblée des délégués a ensuite recommandé de refuser l'initiative «Pour la sortie programmée du nucléaire». Celle-ci vise à interdire la construction de nouvelles centrales nucléaires et à limiter la durée de vie de celles existantes.

L'évolution de notre mode de vie «va engendrer des besoins accrus en électricité et nous ne pourrons pas compenser la fermeture des centrales nucléaires en diminuant notre consommation», a jugé le conseiller national vaudois Michael Buffat.

Les délégués n'ont pas été convaincus par les arguments du conseiller national lucernois Louis Schelbert (Verts) en faveur de l'initiative. Celle-ci «nous mène droit dans le mur», a répondu Michael Buffat, parlant «d'utopies» des Verts et invoquant des effets négatifs pour les citoyens et l'économie.

... et la loi sur l'énergie


Le conseiller national argovien Hansjörg Knecht a pour sa part expliqué aux délégués les raisons pour lesquelles l'UDC a lancé un référendum contre la nouvelle loi sur l'énergie, qui court jusqu'au 19 janvier.

La Stratégie énergétique 2050 émane d'une «idéologie énergétique» qui «menace gravement les emplois en Suisse et notre prospérité». Elle permet selon lui «de prescrire à chaque ménage combien d'électricité il a le droit de consommer».

Attirer les entreprises


Les membres de l'UDC ont aussi recommandé d'approuver par 336 voix contre 2 la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III). Ils n'ont pas suivi les arguments du conseiller national socialiste de Bâle-Ville Beat Jans, opposé à la réforme. Ce dernier a estimé que la RIE III va peser sur les comptes de la Confédération, des cantons et des communes et que la classe moyenne paiera la facture.

La Suisse est contrainte d'adapter son système fiscal suite aux nouvelles réglementations internationales et ne doit pas se reposer sur ses lauriers en ce qui concerne son attractivité économique, a expliqué le chef du département fédéral des finances Ueli Maurer.

Les impôts sont un facteur de choix essentiel lorsque les entreprises décident de s'implanter quelque part, a-t-il souligné. Si cette réforme est refusée, des entreprises pourraient partir à l'étranger; des emplois de même que des recettes fiscales pour la Confédération et les cantons pourraient être perdus.

En Suisse, 24'000 sociétés bénéficient aujourd'hui d'une imposition privilégiée. Elles emploient environ 150'000 personnes et paient plus de 5 milliards de francs par an, a de son côté rappelé la conseillère nationale grisonne Magdalena Martullo-Blocher.

La RIE III donne aux cantons les moyens de sauvegarder leur souveraineté fiscale et l'attractivité du pays en la matière, a souligné la fille de l'ancien conseiller fédéral Christoph Blocher et patronne d'Ems-Chemie.

«Régime incontestable»


Avec la RIE III, nous optons pour un «régime incontestable» et nous donnons aux cantons la marge de manœuvre financière dont ils ont besoin pour baisser leurs impôts sur les entreprises, a résumé Ueli Maurer, parlant d'un «investissement pour l'avenir».

«La Suisse ayant été mise sous pression au niveau international ces dernières années, nous reprenons la situation en main», a ajouté le chef des finances fédérales.


 

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