Le Temps: Comment allez-vous travailler avec l’UDC qui a poignardé le Parti libéral-radical dans le dos en votant contre Johann Schneider-Ammann?

Fulvio Pelli: Je pense que nous devrons rapidement mener des discussions avec l’UDC sur la manière dont nous pouvons collaborer pour l’avenir politique de ce pays.

– Sur quoi porteront ces discussions?

– Il y a un problème avec l’UDC. Ce parti ne respecte jamais ses partenaires. Ils ont un vrai problème de personnel politique. De plus, ils pensent toujours que les autres sont dans l’erreur.

– L’UDC s’est pourtant jouée de vous en réclamant une alliance contre l’élection d’Eveline Widmer-Schlumpf sans tenir sa promesse de soutien de «vos» conseillers fédéraux. Pourquoi n’êtes-vous pas plus sévère?

– Il est vrai que le Parti libéral-radical ne peut pas continuer à œuvrer pour le rétablissement de la concordance et ensuite se faire attaquer de manière gratuite et inutile.

– L’UDC vous reproche de n’avoir pas apporté toutes vos voix pour faire échouer l’élection d’Eveline Widmer-Schlumpf…

– Ce reproche est absolument sans fondement, comme le prouve le résultat de l’élection de la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf.

– Estimez-vous que l’UDC est encore, après ces événements, un parti crédible et fréquentable?

– Je peux comprendre leur difficulté à accepter d’être sous-représentés au Conseil fédéral, mais je ne suis pas d’accord avec leurs méthodes. S’ils poursuivent ce type de stratégie, ils n’obtiendront jamais le deuxième siège auquel ils ont légitimement droit. Pour le conquérir, le seul moyen consiste à gagner la confiance d’une majorité de l’Assemblée fédérale. Cependant, nous pouvons trouver un terrain d’entente sur des dossiers politiques.

– Lesquels?

– Nous continuerons à travailler avec eux sur les thèmes habituels économiques et financiers.

– La menace de l’UDC de pratiquer une politique d’opposition vous paraît-elle sérieuse?

– L’UDC dispose d’une représentativité de plus de 25% dans la population. Cela entraîne des droits, mais aussi des obligations. La direction de l’UDC devrait comprendre qu’elle doit travailler au sein du gouvernement, en respectant le système politique suisse. C’est là toute la difficulté.

– Alain Berset sera-t-il un bon conseiller fédéral?

– Il a toutes les qualités requises, notamment la capacité de travailler en équipe. Le Parti socialiste sera pour nous parfois un partenaire, parfois un adversaire.

– Johann Schneider-Ammann devrait-il changer de département?

– Je n’en vois pas la nécessité. Il devrait tout au plus améliorer sa capacité de communication.