UE

L’UDC va lancer un texte sans concession contre la libre circulation

La nouvelle initiative, dite «de limitation», devrait entrer en phase de récolte de signatures début 2018. Elle exige la sortie de la Suisse des accords bilatéraux actuels si la libre circulation des personnes avec l’Union européenne n’est pas abolie

L’UDC et ses alliés de l’Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN) devraient récolter dès janvier prochain des signatures pour une nouvelle initiative contre la libre circulation.

Baptisé «Limite aux frontières» ou «Begrenzungsinitiative» en Allemand, ce texte doit compléter l’actuel article 121 sur l’immigration adopté par le peuple le 9 février 2014. Il est en cours d’examen par la Chancellerie fédérale, annoncent la SonntagsZeitung et Le Matin Dimanche.

Refus de tout engagement

L’initiative prévoit que la Suisse ne puisse «conclure aucun traité ou engagement international qui octroient la libre circulation à des ressortissants étrangers». Les traités actuels ne pourront pas être étendus ou adaptés dans un sens contraire à ce qui précède.

Les dispositions transitoires prévoient que le Conseil fédéral puisse négocier durant un an la fin de la libre circulation des personnes avec l’Union européenne. Faute de solution avec Bruxelles, et à la fin de ce délai, la Suisse aura un mois pour dénoncer l’accord. «Avec ce texte, nous avons rendu impossible une fausse application de l’initiative comme cela avait été le cas avec l’immigration de masse», se félicite Christoph Blocher dans la SonntagsZeitung.

Le texte le plus restrictif choisi

La direction de l’UDC a décidé il y a deux semaines du texte définitif de cette initiative, a indiqué à l’agence ATS son secrétaire général, Gabriel Lüchinger. L’assemblée des délégués avait donné en juin dernier son aval à deux versions. C’est le texte le plus précis et le plus restrictif qui a été choisi.

Les moyens que l’UDC et l’ASIN engageront dans leur campagne sont encore inconnus. Mais un tous-ménages pourrait être distribué dans l’ensemble de la Suisse pour accélérer la récolte des signatures. Et l’initiative servira de cheval de bataille à l’UDC pour mener campagne en vue des élections fédérales de l’automne 2019.

Une acceptation plus difficile?

Selon la SonntagsZeitung, la formulation sans compromis du nouveau texte – qui menacerait l’ensemble des accords bilatéraux liés à la libre circulation – risque de rendre son acceptation par le peuple plus difficile que celle de l’initiative «Contre l’immigration de masse» votée en 2014. Mais elle permet de faire pression sur le Conseil fédéral. Ce dernier tente depuis des années de négocier un accord global avec l’Union européenne pour stabiliser et rendre plus évolutifs les accords bilatéraux, qui ancrent la Suisse dans le grand marché européen.

Pour le journal zurichois, il semble clair que le Conseil fédéral et son nouveau ministre des Affaire étrangères, Ignazio Cassis, vont devoir avancer avec une extrême prudence sur le dossier européen. D’autant qu’une autre initiative de l’UDC, dite des «juges étrangers», qui s’oppose à la primauté du droit international, est également à l’ordre du jour: le Conseil fédéral la rejette, le parlement doit encore l’examiner. Une autre initiative anti-libre circulation, émanant d’un ex-UDC lucernois, est en phase de récolte de signatures.

Publicité