Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Kevin Grangier à Lausanne, le 17 mars 2016.
© Lea Kloos

Vaud

L’UDC vaudoise lave son linge sale en public

Le parti cantonal a déballé devant la presse les «preuves» justifiant l’exclusion de Claude-Alain Voiblet

Claude-Alain Voiblet est bien coupable. Pour le prouver, Kevin Grangier, secrétaire général de l’UDC Vaud avait invité la presse, jeudi matin, à découvrir des pièces confidentielles jusqu’alors. Sous la forme d’un curieux déballage, une vingtaine de lettres et d’e-mails privés, de photos et de coupures de presse s’étalent sur son bureau. C’est le énième épisode des affaires déchirant l’UDC vaudoise et sa section lausannoise.

Le but de la manœuvre est de prouver que les deux présidents de section Claude-Alain Voiblet et Pierre Oberson ont bel et bien participé à ces infractions et surtout, qu’ils ont ouvertement menti à l’UDC Vaud à plusieurs reprises.

Lire aussi: Comment Claude-Alain Voiblet est devenu le mouton noir de l’UDC Vaud

Utiliser la presse en témoin

En ce huis clos, la consigne est stricte: interdiction formelle de photographier ou de repartir avec ces preuves à caractère confidentiel. Si l’UDC a décidé de jouer la carte de la transparence sur ce point c’est pour prendre la presse à témoin, et parce que le dialogue avec sa section lausannoise est devenu impossible. En témoignent ces courriers restés sans réponse et le ton qui, mois après mois, devient plus offensif.

Dans l’affaire des affiches, on apprend que les présidents des sections de la ville et du district de Lausanne Claude-Alain Voiblet et de Pierre Oberson ont bel et bien participé à ces virées nocturnes à la fin du mois de septembre 2015. Le vandalisme s’apparente alors à un règlement de comptes. Les douze à vingt pancartes recouvertes étaient celles des candidats au Conseil des Etats, Michaël Buffat et Fabienne Despot, «alors que Claude-Alain Voiblet s’était lui-même porté candidat pour la chambre haute mais n’avait pas été retenu», relève Kevin Grangier.

À plusieurs reprises, les deux incriminés se sont défendus en assurant qu’ils souhaitaient simplement remplacer des affiches endommagées, mais Kevin Grangier le dément, photos à l’appui. «Nous étions prêts à passer l’éponge en cas de mea culpa. Mais on nous a répondu par l’ignorance ou la défiance», rapporte le secrétaire général. L’exclusion, assure-t-il, est la seule solution: les statuts ne prévoient pas de blâme ou d’avertissement.

Lire également: L’exaspération a poussé l’UDC Vaud à exclure Claude-Alain Voiblet

Les documents témoignent également de plusieurs tentatives de la part de l’UDC Vaud d’obtenir les comptes annuels de sa section locale, sans succès. Pour Kevin Grangier, les soupçons pèsent lourd sur leur mauvaise gestion. Ces éléments ont amené l’UDC vaudoise le 2 février dernier à ordonner le libre accès aux procès-verbaux, comptes et ordres du jour de l’association, et à lui interdire de s’adresser à la presse sans son approbation. Les sections Lausanne-Ville et District de Lausanne invoquent dès lors qu’elles ont une autonomie complète et refusent de coopérer.

Lausanne fait front derrière ses présidents

En mars 2016, l’affaire aboutit à la menace de refonder une nouvelle section UDC à Lausanne au cas où l’actuelle division ne se soumettrait pas à la décision prise par le Comité central.

Pour l’instant, l’UDC lausannoise fait front derrière ses deux hommes, son communiqué intitulé «L’UDC Vaud veut la peau de sa section lausannoise. L’affaire des affiches n’est qu’un prétexte», donnait le ton mercredi. Le signataire Philipp Stauber craint que le parti cantonal ne cherche simplement à écarter Claude-Alain Voiblet du Conseil national, en tant que premier vient-ensuite.

Après la presse, et le président de l’UDC Suisse Toni Brunner à qui Kevin Grangier a présenté les preuves mercredi à Berne, les membres de la section de Lausanne ont été à leur tour invités à venir consulter les documents.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo suisse

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

Le Conseil national a refusé de suivre l'avis du Conseil des Etats. Celui-ci voulait réduire de moitié la facture des nouveaux gilets de l'armée suisse. Il a été convaincu par les arguments du chef du DDPS, Guy Parmelin. La question reste donc en suspens.

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

n/a