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Pour l’UDC vaudoise, «les voix des gens ne s’achètent pas»

Dans la course au Conseil d’Etat vaudois, la campagne de la candidate socialiste Rebecca Ruiz est trois fois plus chère que celle de l’UDC Pascal Dessauges

Les campagnes de la gauche et de la droite à la succession de Pierre-Yves Maillard au Conseil d’Etat vaudois sont marquées par un écart de budget impressionnant. Pour une fois, ce n’est pas dans le sens habituel. On entend souvent la gauche protester contre les moyens dispensés par la droite dans ses comptes de campagne. Mais pour conserver la majorité de gauche, le Parti socialiste vaudois investit pas moins de 240 000 francs dans le premier tour des élections complémentaires, qui aura lieu le 17 mars. Aucun budget n’est alloué par les Verts, qui ont également inscrit la candidate socialiste Rebecca Ruiz sur leur liste.



A l’opposé de l’échiquier politique, l’UDC ­dispose d’un budget de campagne de 80 000 francs pour placer son candidat, Pascal Dessauges, récupérer son siège gouvernemental perdu en 2011 et renverser la majorité du collège. Soit trois fois moins que le parti rose. Sur les 80 000 francs annoncés, plus de 50% proviennent des comptes du parti, le candidat sortira 10 000 francs de sa poche, le PLR le soutiendra «à hauteur de quelques milliers de francs», selon son président de parti, Marc-Olivier Buffat, et le reste vient de dons. Avec ce petit budget, l’UDC a renoncé à envoyer un tout-ménage qui aurait englouti la quasi-totalité de son budget.

Budget identique à celui de 2017

Doit-on lire dans ces comptes le reflet d’une différence d’enjeu chez les deux camps? «La voix des gens ne s’achète pas avec du fric mis dans une campagne», répond le président de la section vaudoise de l’UDC, Jacques Nicolet. «On gagne une élection en étant présent sur le terrain avec notre candidat et nos militants. Nous avons été très honnêtes en démontrant l’argent que nous avions à mettre, et nous pouvons assurer à nos membres une parfaite propreté du financement de cette campagne, ce qui est important aujourd’hui. Nous avons utilisé des montants que nous avions à disposition et privilégié une campagne modeste en termes d’investissements financiers. Elle sera davantage généreuse sur l’engagement effectif sur le terrain.»

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«Que vous ayez un ou plusieurs candidats, les coûts sont globalement les mêmes», explique Jessica Jaccoud, présidente du PS vaudois. Ainsi, le parti a cette année un budget de campagne identique à celui des élections cantonales de 2017. Comment la finance-t-il? «Par des contributions des élus, des cotisations de membres et des éventuels dons de personnes physiques, de façon transparente», répond la socialiste. «Ce n’est pas le cas de l’UDC, qui est dirigée et financée par des milliardaires, collectionneurs d’art et aux finances troubles. Je suis également curieuse de connaître la source de financement de ce que le PLR va mettre dans la campagne.» Rebecca Ruiz, elle, sortira «quelques milliers de francs de sa poche pour payer un bout du salaire de [s]on chef de campagne, Siméon Goy».

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