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Thomas Aeschi (à droite) veut limiter l'immigration pour préserver la production alimentaire helvétique.
© Alessandro Della Valle/Keystone

Agriculture

L'UDC veut marier sécurité alimentaire et immigration

L’UDC revient à la charge. Elle veut faire le lien entre les initiatives sur la sécurité alimentaire et celle contre l’immigration de masse

Avec moins d’étrangers en Suisse, l’approvisionnement de la population en denrées alimentaires serait assuré. C’est l’UDC qui le clame. Et c’est avec cet argument qu’elle compte animer le débat de ce mardi au Conseil national.

Au programme: le traitement de l’initiative populaire «Pour la sécurité alimentaire», lancée avec succès par l’Union suisse des Paysans (USP). Etant donné la popularité de la cause, le Conseil des Etats a concocté un contre-projet sur lequel le Conseil national doit se prononcer.

Une minorité UDC de la commission de l’économie et des redevances (CER) veut proposer de faire le lien entre l’initiative contre l’immigration de masse, acceptée par la population suisse le 9 février 2014, et l’initiative paysanne.

Tel que rédigé, l’article 104a contient une liste de conditions visant à assurer la sécurité alimentaire, soit la préservation des terres agricoles, l’utilisation efficiente des ressources naturelles, une production qui réponde aux exigences du marché et le maintien de relations commerciales transfrontalières. Thomas Aeschi (UDC/ZG) estime nécessaire de compléter le dispositif en y inscrivant la mise en oeuvre littérale de l’article 121a de la Constitution sur la gestion de l’immigration.

Souveraineté

«La sécurité alimentaire comporte deux pans. Il y a d’un côté la production, de l’autre la consommation. L’Union suisse des paysans a fait l’erreur d’exclure le second aspect. Tout comme le PLR et le PDC qui acceptent une forme de souveraineté lorsqu’il s’agit d’alimentation mais pas lorsqu’il s’agit de décisions du peuple suisse». Pour rappel, l’UDC estime notamment que la prudente mise en oeuvre de son initiative, telle que décidée par le Parlement, viole la volonté populaire.

La proposition de Thomas Aeschi sème le trouble au sein même de son parti. Agriculteur, le Vaudois Jean-Pierre Grin parle d’une «provocation» et estime qu’il «ne faut pas tout mélanger». Directeur de l’Union suisse des paysans, Jacques Bourgeois (PLR/FR) critique également «ce corps étranger et cette attitude difficile à comprendre».

Terrain dangereux

Mais il craint surtout une autre proposition en provenance des rangs UDC. Le Schwytzois Marcel Dettling estime nécessaire d’insister davantage sur la préférence pour la production indigène par rapport aux importations. «Tel qu’il est rédigé, le contre-projet laisse une marge d’interprétation», explique-t-il. Il s’avance sur un terrain dangereux car des mesures protectionnistes déclencheraient les hostilités vis-à-vis du monde paysan. Et l’Union suisse des paysans s’en passerait.

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