Terrorisme

L’UDC veut serrer la vis avec les voyageurs du djihad

Le président du parti agrarien estime qu'il faut retirer la nationalité suisse aux djihadistes binationaux. Pour lui, ces derniers doivent également être enfermés dès leur retour sur sol helvétique et maintenus en détention

La position du président de l’UDC est claire. Pour Albert Rösti, il faut révoquer la nationalité suisse aux binationaux qui ont combattu pour le groupe Etat islamique (EI). Dans un entretien avec le SonntagsBlick, le Bernois exige une position plus ferme de la Suisse envers les voyageurs du djihad, au moment où «la Confédération négocie le retour de cinq personnes, deux femmes et trois hommes», explique-t-il.

Le président du parti agrarien ne s’arrête pas là. Il estime que les djihadistes qui ont appartenu à l’EI et qui sont rapatriés sur sol helvétique doivent passer le reste de leur vie en prison. Afin de rendre cela possible, Albert Rösti annonce que l’UDC va exiger du parlement l'élaboration d’une base juridique.

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Un seul cas d'internement à vie en Suisse

Aujourd’hui, en Suisse, les juges ne peuvent prononcer l’internement à vie que pour les auteurs d’actes particulièrement graves, dont le risque de récidive est élevé et qui ne peuvent pas être traités afin de ne plus représenter de danger pour la collectivité. Seule une personne, qui n’a pas fait recours au Tribunal fédéral, est soumise à ce régime carcéral dans notre pays. Dans les autres cas, Mon-Repos a, à chaque fois, levé l’internement à vie.

Albert Rösti n’en a cure. Il répond que «les personnes qui rejoignent l’EI subissent un lavage de cerveau et sont peu susceptibles de changer». Pour lui, «la sécurité de la Suisse est plus importante qu’un terroriste qui s’est volontairement rendu en Syrie».

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Les chiffres des voyageurs du djihad

Selon les derniers chiffres publiés par le Service de renseignement de la Confédération, en mai, 93 départs ont été recensés depuis 2001. Près d’un tiers de ces voyageurs du djihad ont la nationalité suisse, parmi eux 20 sont binationaux. Aujourd’hui, près de la moitié des djihadistes partis de Suisse se trouve toujours dans des zones de conflit, alors que 32 d’entre eux ont perdu la vie et que 16 sont de retour en Suisse.

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