Le surcoût de l'Euro aura donné l'impression d'une errance certaine. Le Département des institutions s'est laissé déborder par ses calculs, ses prévisions et surtout ses promesses. Toujours aussi insaisissable en temps de crise, Laurent Moutinot, ministre responsable de la police, ne saurait rester sourd à la seule évidence qui s'impose avec une belle unanimité à tous les acteurs de ce bras de fer. Le système de rémunération des forces de l'ordre devra être revu de fond en comble. Au crédit du conseiller d'Etat socialiste, on peut retenir qu'il a su mettre un terme à la valse, puis à la guerre des chefs qui minait l'institution. Il a encore réussi tant bien que mal à donner une autre image de la police genevoise que celle d'une usine à bavures. Il lui reste à affronter le défi le plus difficile: casser le cercle vicieux des petits avantages accordés au gré de l'insistance de syndicats bien rodés afin de repenser l'ensemble et donner une base réglementaire solide aux salaires de ces fonctionnaires pas tout à fait comme les autres. A une année de la fin de son troisième et dernier mandat, Laurent Moutinot n'a plus grand-chose à perdre et peut prendre des décisions impopulaires mais nécessaires pour sortir de cette opacité suspecte. Encore faut-il en avoir la volonté et le courage.