Restera, restera pas? Guy-Olivier Segond profitera lundi prochain de la traditionnelle réunion de rentrée de ses cadres supérieurs pour leur annoncer, en primeur, s'il demandera ou non à son parti une dérogation pour un quatrième mandat de conseiller d'Etat en 2001. Depuis 1989, les statuts du Parti radical genevois n'autorisent pas un élu cantonal ou national à siéger plus de trois législatures consécutives; à moins que la majorité des délégués réunis en assemblée ne lui octroie une autorisation exceptionnelle. Les trois députés radicaux qui sont également concernés par cette mesure, Roger Beer, Hervé Dessimoz et Daniel Ducommun, ne demanderont pas de dérogation pour figurer sur la liste des candidats aux élections du Grand Conseil qui auront lieu en octobre 2001. Le patron du Département de la santé et des affaires sociales, à qui le parti avait demandé de se prononcer le 28 août, adoptera-t-il la même attitude?

«Je ne le souhaite pas», lâche Bernard Lescaze. A l'instar de plusieurs radicaux, le député craint que la non-candidature de Guy-Olivier Segond aux élections de novembre 2001 ne se solde par la perte d'un siège radical au Conseil d'Etat. «Nous avons deux conseillers d'Etat pour 14 députés, alors que les libéraux n'en ont qu'un, malgré leurs 23 députés. Cette répartition risque de ne pas se reproduire si M. Segond ne se présente pas», estime Bernard Lescaze. «Seule une personnalité forte du parti pourrait garder notre deuxième siège, mais personne n'émerge réellement», renchérit Daniel Ducommun, président du Grand Conseil.

Une forte influence

Les deux précédentes élections au Conseil d'Etat ont été favorables au ministre de la Santé et des Affaires sociales qui, à chaque fois, était propulsé en tête du résultat. Agé de bientôt 55 ans, Guy-Olivier Segond a fortement influencé le cours politique genevois. Conseiller administratif de la Ville de Genève de 1979 à 1989, il a siégé au National, en 1987, pendant une législature, avant d'accéder au Conseil d'Etat en novembre 1989.

Dès son entrée au gouvernement genevois, il prend la tête du DASS où il entame de nombreuses réformes. Il a regroupé les différents sites hospitaliers du canton au sein d'une même entité: les Hôpitaux universitaires genevois; il a développé les soins à domicile; il concocte la nouvelle loi sur le financement des établissements médico-sociaux. Le président du gouvernement est également à l'origine de nombreux projets du Conseil d'Etat. Comme SMART-Geneva, le réseau de fibre optique qui permettra d'accéder plus rapidement aux nouvelles technologies de l'information.

Mais Guy-Olivier Segond a aussi connu quelques revers. Par référendum, les Genevois ont rejeté son projet de fermer la clinique de Crans-Montana et, plus récemment, ils ont refusé le réseau hospitalier entre Genève et Lausanne. Pour autant, le magistrat est-il lassé de son ministère? Au début de l'été des rumeurs l'annonçaient à la direction de la TSR. D'autres le voyaient à la tête du Haut-Commissariat pour les réfugiés. Et là, rien n'est joué. Quoi qu'il en soit, Guy-Olivier Segond assure ses arrière politiques: il s'est déjà inscrit sur la liste des candidats radicaux pour l'élection du Grand Conseil.