Ils étaient 1603 étudiants à se prononcer. Soit 15,5% des inscrits à l'Université de Lausanne. Démarche inédite dans une haute école romande, la Fédération des associations d'étudiants (FAE) faisait élire ses 40 représentants au suffrage universel, sur Internet. La participation se révèle comparable à celle que connaît l'Université de Berne, et le coprésident de la FAE, Benoît Gaillard, la juge «satisfaisante pour une première fois, au terme d'une campagne courte». Les votants des sciences de la terre ont été les plus assidus.

Autre innovation, des listes politisées concurrençaient les associations classiques de facultés (LT du 02.05.08). Elles s'en sortent bien: 15 délégués émaneront de ces listes, plusieurs à gauche - proches du POP ou plutôt PS-écolo - ainsi qu'un groupe du centre droit, œcuménique, liant Jeunes libéraux, radicaux et PDC. Cela ne surprendra guère, la gauche l'emporte, mais sans plébiscite: elle place neuf de ses candidats, le centre droit en hissant six dans la nouvelle assemblée. Résultat toutefois un peu trompeur, car certaines associations de facultés ont elles-mêmes une connotation politique, notamment en sciences sociales et politiques (SSP).

Reste que les jeunes bourgeois ont pu remporter un siège en SSP, ainsi qu'un autre en lettres. Ils ratent de peu une deuxième place en droit. En économie, le partage des tendances est égalitaire: le comité HEC, qui clamait son apolitisme, aura trois sièges, le centre droit idem.

Un scrutin à la suisse

De fait, les étudiants ont voté de manière paisible, sans violent coup de barre. A la mode helvétique. A l'instar d'un scrutin des plus traditionnels, les camps, de gauche comme de droite, disent d'ailleurs leur satisfaction post-électorale. Benoît Gaillard estime que «les étudiants ont panaché, ajoutant à des représentants de leurs associations de facultés quelques noms des nouvelles listes afin de politiser leur vote de manière plus explicite».

Face à une participation estudiantine qui s'essoufflait, les responsables de la FAE ont réussi leur coup. Il n'y a pas eu frénésie, la participation l'atteste. Mais soudain, le campus, côté université, a été animé par des affiches et des débats posant quelques questions de fond sur la condition estudiantine ou les cursus. Gaétan Nanchen, le secrétaire général, ne craint pas que la nouvelle assemblée, qui débute le 27 mai, ne tourne à la foire d'empoigne: «Au contraire, nous voulons davantage de discussions et d'impulsions venant de notre législatif.» Ces élections seront organisées chaque année. Avec l'espoir d'une hausse de la participation.