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Des affiches à Zurich, le 8 février 2016.
© ENNIO LEANZA

Bilatérales

L'Union européenne soulagée après le refus de l'initiative de l'UDC

Selon la Commission, un oui à «l'expulsion des criminels étrangers» aurait constitué un nouvelle violation de l'accord sur la libre circulation des personnes

L'Union européenne (UE) a suivi le vote de dimanche sur le renvoi des criminels étrangers de près et a fait part, lundi après-midi, de son soulagement. «Nous notons que le résultat ne vient pas compliquer une situation qui est déjà très difficile», a déclaré Mina Andreva, porte-parole de la Commission lundi en fin de journée. Pour l'UE, un oui à l'initiative aurait affligé un nouveau coup de frein à l'accord bilatéral sur la libre circulation des personnes.

Avant le vote de dimanche, la Commission européenne n'avait pas pris de position sur l'initiative de l'UDC dite de «mise en oeuvre» sur le renvoi des criminels étrangers, histoire de ne pas s'immiscer dans la politique intérieure de la Suisse. Il y a quelques semaines, elle avait même intégré l'idée qu'elle allait être acceptée par le souverain suisse, mais selon un haut cadre, elle n'entendait pas en faire un grand cas. «Nous n'allons pas monter aux barricades pour défendre les criminels», devait-il dire.

Nous ne voulons pas que l'exception suisse apporte de l'eau au moulin des partisans du Brexit.

La donne a changé il y a une dizaine de jours lorsque les Britanniques sont entrés de plein pied dans la campagne sur leur appartenance à l'UE. «Nous ne voulons pas que l'exception suisse apporte de l'eau au moulin des partisans du Brexit», a récemment fait comprendre une source européenne.

C'est la raison pour laquelle l'UE a décidé de geler toute négociation avec la Suisse jusqu'au référendum britannique fixé au 23 juin prochain. Bruxelles et Berne doivent trouver une issue à l'imbroglio créé par l'initiative «Non à l'immigration de masse» acceptée le 9 février 2014. Selon l'UE, cette initiative viole l'accord bilatéral sur la libre circulation des personnes.

Dans une déclaration lundi à Genève, le conseiller fédéral Didier Burkhalter en charge des Affaires étrangères a répliqué, disant que le dialogue entre Berne et Bruxelles devrait se poursuivre même avant le référendum.  Il a toutefois dit comprendre que l'UE ne veuille prendre aucun risque sur le débat britannique. 

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