C'est une bonne chose. Mais les Chemins de fer fédéraux (CFF) n'avaient pas le choix. Telle est la réaction du monde politique à l'annonce faite par l'ex-régie, hier, de la recherche de partenaires pour CFF Cargo. Cette soif d'alliance concerne le marché international. Mais le groupe veut examiner également des partenariats pour le secteur suisse.

Cinq mois après la fin de la grève à Bellinzone, «c'est la fin d'une stratégie d'action agressive en solitaire», a annoncé le directeur des CFF, Andreas Meyer. La vente reste hors de question, même s'il n'est pas exclu que le propriétaire, à savoir la Confédération, cède une minorité de CFF Cargo.

Question partenariats, le groupe veut aller vite: les intéressés doivent se manifester jusqu'au 22 septembre, et l'ex-régie veut concrétiser une alliance durant le premier semestre 2009. Trop rapide, murmure d'ailleurs un observateur. Enfin, l'offre, large, s'adresse aux chemins de fer, aux transporteurs et aux gros clients.

«C'est juste, car la faiblesse de CFF Cargo était justement son manque de partenariats», souligne Jean-René Germanier (PRD/VS), membre de la Commission des transports du National. Surtout en Allemagne, où le groupe a privilégié la confrontation, renchérit Michel Béguelin (VD/PS), ancien sénateur et ex-vice-président du Syndicat du personnel des transports (SEV): «Son erreur stratégique a été d'attaquer Deutsche Bahn Cargo. Il faut désormais développer une collaboration au niveau international, mais également au niveau suisse.»

Vers la rentabilité

Quant au SEV, il note que «Cargo se tourne à présent vers la rentabilité et laisse de côté la surenchère à tous crins pour rafler les transports à d'autres compagnies».

Par ailleurs, «l'assainissement de CFF Cargo progresse», a indiqué Andreas Meyer. Le secteur enregistre une perte de 8,2 millions de francs au premier semestre, contre 35,5 millions à la même période l'an dernier. Le coût de la grève s'élève, lui, à 2,5 millions de francs. «Un coût bien placé, si l'on songe aux nouvelles solutions mises en place», note Michel Béguelin, tandis que Jean-René Germanier rappelle que «la grève aurait pu être évitable si l'on avait adopté la bonne stratégie». La prochaine table ronde sur l'avenir des ateliers de Bellinzone se tiendra le 16 septembre.