Perte de motivation, hausse du nombre de demandes de soutien psychologique, précarité économique: les étudiants sont nombreux à faire part de leur désarroi depuis des mois. Dans ces conditions, comment ont-ils vécu leur dernière session d’examens, en janvier? Pour le savoir, la Fédération des associations d’étudiant·e·s de l’Université de Lausanne (FAE) a lancé un sondage auquel a répondu 40% de la population estudiantine de l’Unil.

Le but de la démarche, indique la FAE dans son rapport, est de déterminer la position des étudiants face au soutien et à la préparation dispensés par l’université à l’heure actuelle, et de fournir des données permettant d’aiguiller les ajustements nécessaires pour améliorer les modalités d’enseignement à distance.

La souffrance des premières années

D’entrée, un constat sans appel: 66% des participants ont trouvé cette dernière session particulièrement éprouvante. Des problématiques très concrètes ressortent de l’enquête, telles que la difficulté à trouver un lieu de travail adéquat pour les révisions, ou le fait d’être confrontés à des problèmes informatiques durant les examens en ligne.

«Plusieurs étudiants ont mentionné notamment l’impossibilité de revenir aux pages précédentes pour modifier certaines de leurs réponses au cours d’un examen», illustre Hannah Wonta, secrétaire générale de la FAE, qui souligne aussi les enjeux de santé mentale, notamment la souffrance accrue des étudiants de première année, qui doivent s’adapter à une nouvelle forme d’études sans pouvoir bénéficier du soutien et de l’aide de leurs camarades.

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Vif sentiment de découragement

En outre, 52% des étudiants interrogés sont d’avis que la difficulté des examens a augmenté du fait qu’ils soient en ligne. Mais à l’inverse des cours, uniquement dispensés en visioconférence depuis le mois d’octobre, toutes les épreuves ne se sont pas déroulées à distance: toutes facultés confondues, un étudiant sur deux a passé des examens en présentiel.

Nombre d’entre eux, 63%, auraient souhaité que les conditions spéciales appliquées lors du semestre de printemps l’an dernier soient reconduites – à savoir la non-comptabilisation des éventuels échecs et la possibilité de se désinscrire des examens sans conséquence une fois connues les modalités de leur déroulement. C’était l’une des revendications de la FAE, qui regrette que les étudiants n’aient pas eu la possibilité de se rétracter, malgré des conditions d’examens souvent différentes de celles prévues au début du semestre. Un refus justifié par les difficultés d’organisation qui auraient été engendrées par un nombre fluctuant d’inscrits, se défend l’université.

Mesures d’amélioration

Enfin, si une large majorité de la population estudiantine a l’intention de poursuivre ses études malgré un sentiment de découragement attesté chez 51% d’entre eux, ils sont 120 (sur 6000 personnes interrogées) à déclarer qu’ils abandonneront le semestre en cours – qui a débuté en février – s’il devait se dérouler dans les mêmes conditions. Parmi les premières pistes d’amélioration, la FAE propose que les cours donnés en téléenseignement soient systématiquement enregistrés, et que les modalités d’examens soient déterminées suffisamment tôt durant le semestre.

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Le tableau n’est toutefois pas totalement noir: moins pris de court que l’an dernier, les professeurs ont dans l’ensemble mieux réussi à concevoir leurs cours à distance et à enseigner par visioconférence, ce que beaucoup d’étudiants saluent. Par ailleurs, les bibliothèques et les différents espaces de travail sont restés ouverts et accessibles – dans le respect des mesures sanitaires –, contrairement au printemps 2020.

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