Il donnera un cours général de philosophie politique ainsi qu’un séminaire d’histoire de la pensée républicaine. Il devra aussi développer un champ de recherche précis. Dès le 1er décembre, Vincent Peillon sera professeur associé à l’Université de Neuchâtel. Ce docteur en philosophie, au demeurant député européen (PS), a été ministre de l’éducation sous le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, de mai 2012 à mars dernier.

A cette charge, il a notamment décidé le retour à la semaine de quatre jours et demi, qui n’en finit de provoquer des tensions dans l’appareil scolaire français. Il a aussi insisté sur les enjeux liés à la laïcité dans l’espace éducatif.

C’est précisément cette dimension qui l’amène à Neuchâtel, a expliqué l’Université lundi: «Philosophe et historien des idées politiques, Vincent Peillon est un spécialiste de la pensée républicaine et de la laïcité dans la France des XIXe – XXe siècles. Or, le canton de Neuchâtel a joué un rôle clé dans cette période riche en rebondissements intellectuels et politiques, notamment cristallisée par Ferdinand Buisson. Celui-ci, figure importante de la troisième République, Prix Nobel de la Paix en 1927 et champion de la laïcité dans l’enseignement, avait en effet élu domicile et enseigné à Neuchâtel sous le Second Empire», précise l’institution. Grâce notamment à un fonds en dépôts à l’alma mater, celle-ci entend donc «développer un projet de recherche et d’enseignement sur le républicanisme et la pensée républicaine». L’académie souligne en outre le caractère interdisciplinaire de la démarche. L’ancien ministre dépendra d’instituts relevant des Lettres et sciences humaines et du Droit.

C’est la deuxième personnalité française dont le parcours comprend un versant politique, à rejoindre une haute école romande. Moins médiatisé à l’époque, mais non moins influent, Philippe Gillet avait été, de 2007 à 2010, directeur de cabinet de Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche du gouvernement de droite dirigé par François Fillon. Il avait élaboré le «grand emprunt» pour la formation universitaire. Avant d’être engagé à l’EPFL, où il officie comme vice-président, et où il a remplacé le patron Patrick Aebischer pendant un récent congé sabbatique.