Le Conseil d'Etat neuchâtelois le répète à l'envi depuis plusieurs mois: le budget 2007 sera le plus difficile de la législature. Classée parmi les priorités du gouvernement, l'Université ne bénéficie d'aucun passe-droit. Au contraire: elle a dû faire diligence pour trouver les 3,5 millions de francs qui lui étaient demandés afin d'être prête pour la prochaine rentrée, fixée au 20 octobre.

Le succès du processus n'est pas allé sans peine, comme l'ont souligné vendredi la ministre de l'Education Sylvie Perrinjaquet, le recteur Alfred Strohmeier et la présidente du Conseil de l'Université (CU) Michèle Berger-Wildhaber. Tous trois se sont réjouis d'avoir évité «de toucher à la substance même de l'Université», à savoir l'offre de formation. Cet épilogue permet de respecter le mandat d'objectifs voté par le Grand Conseil.

Economies en deux vagues

Le processus d'économie s'est déroulé en deux temps. Les facultés, le rectorat et le CU ont d'abord présenté des mesures pour un montant de quelque 900000 francs couplés avec 2,5 millions de francs de recette additionnelle liée à l'afflux de nouveaux étudiants (+12%).

Cet effort s'est révélé insuffisant. En cause: les récentes négociations entre le Conseil d'Etat et les syndicats pour attribuer un rattrapage salarial de 3,7% aux membres de la fonction publique après plusieurs retenues successives. Pour l'université, cette décision entraîne une charge supplémentaire de 2,4 millions de francs. Mai cela aurait pu être pire: les discussions ont débuté sur la base d'une augmentation de 5,2% pour le corps professoral et de 5,7% pour le personnel administratif.

Pour compenser ce surplus de masse salariale, les facultés ont été contraintes de dégager de nouvelles économies. Dix mesures additionnelles ont été arrêtées, parmi lesquelles le gel de deux postes de professeur, la réduction de subventions et des montants engagés au poste «biens, services et marchandises». Economie totale: 2,2 millions de francs. «Sans la recette liée aux étudiants supplémentaires et la limitation du rattrapage salarial à 3,7%, la situation aurait été très compliquée, reconnaît Alfred Strohmeier. Nous aurions été contraints de renoncer à des engagements déjà arrêtés, et peut-être même de licencier.»

Y aurait-il eu des suppressions de filières, comme le proposait la faculté des sciences selon des fuites persistantes? «Nous ne pouvions pas entrer en matière, reprend le recteur. Elle proposait le transfert de la physique et de la chimie dans une autre université. Cela pose un problème de cohérence. Le pôle de microtechnique et de nano-sciences n'a pas d'avenir sans ces deux filières.»

Appel au dialogue

La page financière refermée, Sylvie Perrinjaquet a appelé la communauté universitaire à retrouver les vertus du dialogue, après les remous suscités par le projet controversé - et finalement retiré - de règlement sur la communication. Avec, au passage, une pique à l'intention du recteur qui devra faire «des progrès dans les mois à venir pour éviter malentendus et incompréhensions».