Ce que Serge Sierro et Jean-Claude Pont prennent aujourd’hui le risque de dénoncer ouvertement dégoulinait des hôpitaux valaisans depuis longtemps. Par bribes insignifiantes, extraits cocasses ou épisodes sensationnels. Depuis la mise en place du RSV, il y a à peine plus d’un lustre, chaque Valaisan tient une histoire, une anecdote, une mésaventure qui s’est jouée dans l’institution, racontée par un oncle, une sœur, un ami travaillant ou ayant été pris en charge par le RSV. Mais les deux hommes ont deux raisons convaincantes d’entamer une quête de la vérité sur cette compilation de témoignages. Ils sont d’éminents retraités désabonnés de la lutte partisane. Et leur intervention, précipitée par l’affaire Savioz, coïncide avec un renouvellement politique. Thomas Burgener, qui avait conduit la réforme hospitalière et mal supporté son apparente indigestion par les citoyens, a cédé sa place à Maurice Tornay. La question posée au ministre est simple. Faut-il laisser s’épancher une marée de rumeurs qui sème le doute sur la qualité des soins en Valais. Ou au contraire, faut-il la canaliser en admettant qu’une révision de l’organisation hiérarchique de la santé et une plus grande transparence dans la communication de ses performances sont devenues nécessaires. Le Valais a l’opportunité d’un examen de conscience. C’est peut-être la première fois qu’il en a simultanément la nécessité et les moyens.