VOTATION

L’USS botte en touche sur les résidences secondaires

La faîtière syndicale ne prend pas position sur l’initiative sur les résidences secondaires. Elle ne se sent pas concernée, malgré l’enjeu en termes d’emploi

Alors que le Parti socialiste et les Verts soutiennent l’initiative «Pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires», l’Union syndicale suisse (USS), première organisation faîtière du pays, ne formule aucune recommandation de vote. Un «ni oui, ni non» qui interpelle, au moment où les opposants alertent quant aux conséquences qu’auraient un «oui» sur l’économie et l’emploi dans les régions de montagne.

Lancée par Franz Weber, l’initiative sur laquelle les Suisses se prononceront le 11 mars vise à stopper l’expansion des résidences secondaires. Le texte propose d’introduire dans chaque commune une part maximale de 20% de résidences secondaires par rapport au «parc des logements et à la surface brute au sol habitable de chaque commune».

En clair: toute nouvelle construction de résidences secondaires serait interdite dans les communes qui en comptent déjà plus de 20%. Jugeant l’initiative trop rigide, le Conseil fédéral la rejette. Devant la presse, la conseillère fédérale Doris Leuthard a expliqué vendredi que ce texte entraînerait un arrêt brutal des constructions dans certaines régions touristiques et que la pression se porterait sur les communes où le quota de 20% n’a pas encore été atteint.

Face à ces arguments, comment expliquer le silence de l’USS? «Notre tradition veut que nous ne prenions pas position quand nous ne sommes pas directement concernés», répond le porte-parole de l’USS, Ewald Ackermann. L’organisation s’engage pourtant en faveur du prix unique du livre, dont on ne voit pas immédiatement en quoi elle la concerne. Les craintes émises – à tort ou à raison – pour l’emploi dans le secteur de la construction en cas d’acceptation de l’initiative de Franz Weber ne préoccupent-elles pas l’USS? «Je ne pense pas que cette initiative doit être considérée sous l’angle de l’emploi, tranche Ewald Ackermann. Cet argument n’est pas convaincant. La construction dans les régions alpines ne peut pas se plaindre pour l’instant d’un manque de travail.»

En Valais, pourtant, l’Unia – affilié à l’USS – ne semble pas tout à fait sur la même longueur d’ondes. «Pour nous, le problème se pose avec un peu plus d’acuité, admet Jeanny Morard, secrétaire régional de l’organisation syndicale. L’initiative pose quelques problèmes dans le secteur de la construction. J’estime que 30 à 40% des 20 000 emplois du secteur de la construction au sens large sont liés au tourisme.»

Est-ce à dire que la section valaisanne Unia prend ses distances avec la centrale de l’USS? «Sur le principe, je suis plutôt favorable à l’initiative, mais compte tenu des problèmes qu’elle pose en termes d’emploi, je ne peux pas la soutenir, répond Jeanny Morard. L’Union syndicale valaisanne doit se prononcer le 30 janvier, nous verrons bien ce qu’elle décide»

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