Au risque de renforcer le courant anti-européen de l’UDC, l’Union syndicale suisse a voulu avertir clairement la présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey, à la veille de sa visite au président de la Commission européenne José-Manuel Barroso: sans mesures contre la sous-enchère salariale et sans sanctions contre les employeurs fautifs, «la voie bilatérale n’aura pas d’avenir».

La jurisprudence de la Cour européenne de justice «s’est développée de manière catastrophique à l’encontre des intérêts des salariés», notamment en faisant primer la liberté de commerce et d’industrie sur le droit du travail national protégeant les travailleurs, a dénoncé le président de l’USS et conseiller national Paul Reichsteiner. Il n’est donc pas question de céder devant l’UE, qui exige que la Suisse reprenne l’évolution du droit européen.

Pour l’USS, même si une fois de plus l’UE a critiqué en décembre les mesures de protection des salaires helvétiques contre la sous-enchère que risque d’entraîner la libre circulation des personnes, «il ne doit pas y avoir de concession et d’assouplissement des mesures d’accompagnement». «Si le Conseil fédéral décide de se rallier à la jurisprudence toujours plus hostile aux travailleurs de l’UE, Unia et l’USS lanceront un référendum», a averti Renzo Ambrosetti, vice-président du syndicat Unia.