Au lendemain de l'action combinée de la Confédération et de la Banque nationale pour aider UBS, l'Union syndicale suisse (USS) plaide pour un renforcement du pouvoir d'achat des Suisses afin d'éviter la récession. «Les 68 milliards de francs qui ont été injectés pour venir en aide à UBS représentent davantage que le budget de la Confédération», a souligné Paul Rechsteiner, président de l'USS, vendredi devant la presse.

Si la place financière suisse semble maintenant à l'abri grâce au plan adopté par le Conseil fédéral jeudi, les exportations pourraient, elles, être touchées par la crise mondiale, selon Daniel Lampart, économiste à l'USS. Sur le plan intérieur, il s'agit surtout d'éviter la baisse de la consommation. «Se serrer encore la ceinture serait contre-productif», a-t-il souligné.

«Coûts trop élevés»

La centrale syndicale défend une hausse des salaires réels de 1,5 à 2,5%. «Les marges engrangées par les entreprises ces dernières années avec des hausses de salaires très faibles doivent leur permettre de faire un geste sans les pénaliser», a dit Daniel Lampart. «Les syndicats insistent sur le pouvoir d'achat, mais il ne faut pas oublier non plus les coûts que les augmentations de salaires pourraient impliquer. D'autant plus si les exportations diminuent», analyse quant à lui Thomas Daum, directeur de l'Union patronale suisse (UPS). Selon ce dernier, seules quelques branches peuvent actuellement se permettre d'entreprendre une compensation du renchérissement.

Mais l'USS ne s'en tient pas uniquement aux salaires. «Avec l'exode des petits épargnants vers Raiffeisen et les banques cantonales, ces établissements bénéficient désormais d'importantes liquidités. Une baisse du taux hypothécaire de 0,25% semble donc tout à fait réaliste», explique Daniel Lampart. Pour l'USS, cela permettrait de libérer 600 millions de francs en faveur des consommateurs.

La centrale syndicale y va aussi de sa proposition concernant les recettes de la taxe sur le CO2 qui frappe les combustibles fossiles depuis le 1er janvier 2008. Elle préconise que la redistribution à chaque personne par le biais des caisses maladie commence en janvier 2009 et non pas en 2010, comme prévu actuellement.

Autre option: les allocations familiales pourraient passer à 250 francs par enfant et à 300 francs par jeune en formation. Les subsides pour les primes d'assurance maladie devraient croître, quant à eux, et permettre de libérer 500 millions de francs.

«Si toutes ces mesures étaient adoptées, les Suisses auraient 2 milliards de francs supplémentaires dans les poches. Cela représente environ 0,5% du produit intérieur brut», estime l'USS.