Le Conseil fédéral aura eu bien de la peine à désigner, à la tête du Bureau de l'intégration (BI), un successeur à Michael Ambühl, nommé au début décembre déjà secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères. C'est finalement son bras doit, Urs Bucher, qui a été nommé mercredi et qui prendra ses fonctions au début février. Le Conseil fédéral a donc choisi un homme du sérail frotté depuis longtemps à la politique européenne. Né en 1962 à Soleure, Urs Bucher est entré en 1990 au Département des affaires étrangères. Après quelques années passées à Berne, il a été, à partir de 1996, premier secrétaire, puis conseiller à la Mission suisse auprès des communautés européennes à Bruxelles. Depuis juillet 2001, il est responsable de la coordination politique au Bureau de l'intégration, avec le titre de ministre.

Le Bureau de l'intégration dépend de deux départements fédéraux, l'Economie et les Affaires étrangères. Le choix du successeur de Michael Ambuhl a fait l'objet d'une lutte «au couteau» entre Joseph Deiss et Micheline Calmy-Rey, qui se sont longuement affrontés autour de cette sucession. Le premier entendait promouvoir une candidate issue de son département, Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, qui s'occupe au Seco de l'OMC et plus particulièrement des marchés publics, et que tout le monde s'accorde à Berne à qualifier de brillante. Fort marrie, dit-on, de ne pas pouvoir présenter une candidature féminine, Micheline Calmy-Rey aurait insisté sur la nécessité de désigner un candidat à même de reprendre immédiatement le dossier de Schengen/Dublin, dans le cadre de la campagne pour la votation du 5 juin prochain. D'autres candidats étaient également en lice, dont Monique Jametti Greiner, qui avait été en charge de la négociation sur Schengen/Dublin au Département de justice et police, mais a sans doute été handicapée par son appartenance à l'UDC.