Terrorisme

Le lycée international de Ferney-Voltaire teste l’alerte attentat

Ce lundi, une sonnerie spécifique signalera aux élèves qu’ils doivent se barricader dans leur salle. Cet exercice est imposé à tous les établissements français depuis le début de l’année scolaire

Comme partout, les 2650 élèves du lycée international de Ferney-Voltaire, tout près de Genève, sont familiers des exercices de simulation d’incendie. Mais ce lundi, ils vont être amenés à vérifier si leurs réflexes sont les bons en situation d’attentat ou d’intrusion dans leur établissement. Une directive du Ministère de l’éducation nationale impose cet exercice depuis la série d’attentats qui ont endeuillé le pays en 2015 et 2016.

Tous les élèves sont concernés, de la maternelle au lycée. Le corps enseignant et administratif participe lui aussi à ces entraînements. Une sonnerie spécifique alertera d’un danger imminent les lycéens de Ferney-Voltaire. Xavier Jacquenet, le proviseur, explique: «Les élèves en cours devront se barricader en poussant le mobilier contre les portes, s’allonger à terre en se tenant éloignés des fenêtres, désactiver leur téléphone portable, ne pas le mettre sur le mode vibreur, et rester le plus silencieux possible. L’objectif est d’aboutir à une posture adéquate et de se préparer pour affronter la situation de crise avec sang-froid.»

«L’exercice ne vise surtout pas à inquiéter»

De leur côté, les collégiens et lycéens qui ne seraient pas en cours ont consigne de rejoindre un lieu de confinement ou de s’échapper selon un cheminement conduisant à une issue de secours. Vendredi dernier, le déroulement a été présenté aux élèves. Il sera de nouveau expliqué ce lundi avant l’exercice, qui durera 15 minutes. Les parents ont bien entendu été avisés par courrier. «Nous le faisons maintenant car nous nous sommes dotés d’un système d’alerte et de communication spécifiques. Je précise bien qu’il ne s’agit pas d’une simulation avec par exemple des armes factices et des forces de l’ordre ou des secours qui interviendraient. Il ne vise surtout pas à inquiéter», indique Xavier Jacquenet.

L’équipe éducative se réunira ensuite pour un retour d’expérience et pour identifier les points forts et ceux à améliorer ou corriger. Le proviseur se doit aussi de «débriefer» auprès de l’inspection académique de l’Ain à Bourg-en-Bresse. Son établissement qui, par définition, accueille des élèves de toutes les nationalités (90 pays), de la Genève internationale notamment, est-il plus exposé qu’un autre? «Ni plus ni moins, élude Xavier Jacquenet. Nous observons chaque consigne de sécurité et sommes tout aussi vigilants qu’ailleurs.»

Des exercices adaptés à l’âge des enfants

Ces mises en situation ont été saluées par les différentes organisations représentant les parents d’élèves, même si elles sont forcément anxiogènes. Les pouvoirs publics ont été interpellés sur les éventuelles conséquences psychologiques. C’est pourquoi les exercices ont été adaptés à l’âge des enfants. En classe maternelle, ils se font sous forme de jeux comme le Roi du Silence et l’expression attentat-intrusion n’est employée que par les adultes. A Genève, le DIP a fait savoir que seuls des exercices anti-incendie réguliers sont prévus avec les élèves «mais que d’autres dispositions de crise existent, qui ne nécessitent pas leur participation».

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