Le magnat franco-israélien Beny Steinmetz, condamné pour corruption en Roumanie fin 2020 et à Genève en janvier 2021, a été arrêté à Athènes à la suite d’un mandat international, a-t-on appris jeudi de source judiciaire grecque. Il a été arrêté le 24 novembre lors de son arrivée en jet privé à l’aéroport d’Athènes en provenance d’Israël et a été mis en liberté sous condition avec interdiction de quitter le territoire grec, selon cette source.

Le parquet d’Athènes est actuellement en train d’examiner la validité du mandat d’arrêt international, qui concerne sa condamnation par contumace en décembre dernier en Roumanie à cinq ans de prison dans une affaire de restitution illégale de biens, toujours selon la même source.

Beny Steinmetz, 65 ans, avait été interpellé en août 2017 en Israël, en même temps que son compatriote israélien Tal Silberstei, ex-conseiller de l’ancien chancelier autrichien Christian Kern, dans une enquête internationale sur des faits présumés de blanchiment. Les deux hommes avaient été condamnés le 17 décembre 2020 par contumace en Roumanie à cinq ans de prison chacun après avoir été reconnus coupables de «création d’un groupe criminel organisé», dans une affaire remontant aux années 2006-2008. Les pertes pour l’Etat roumain se chiffreraient à 135 millions d’euros dans ce dossier.

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Reparti libre malgré sa condamnation

Par ailleurs, près d’un mois après le verdict en Roumanie, Beny Steinmetz a été condamné, le 22 janvier 2021, à cinq ans de prison par le Tribunal correctionnel de Genève, dans un autre dossier. Il a été reconnu coupable de corruption d’agents publics étrangers en Guinée et de faux dans les titres. La cour l’avait aussi condamné au versement de 50 millions de francs à l’Etat de Genève. A l’issue du procès, la défense avait annoncé sa volonté de faire appel.

Le procès était l’aboutissement d’une longue enquête internationale lancée en 2013 portant sur des permis miniers octroyés en Guinée au Beny Steinmetz Group Resources (BSGR), dans lequel le diamantaire a le titre de conseiller. Ce dernier avait obtenu en 2008, peu avant la mort de l’ancien président guinéen Lansana Conté, le droit d’exploiter les blocs 1 et 2 de l’un des plus importants gisements de fer au monde à Simandou, où il a investi 170 millions de dollars. Il en a depuis revendu 51% au groupe brésilien Vale, pour 2,5 milliards.

Benny Steinmetz avait comparu libre pour son procès en Suisse en janvier. Habitant à l’étranger, il a bénéficié d’un sauf-conduit lui permettant de venir sur le territoire suisse pour participer à son procès mais qui lui permettait aussi de repartir malgré sa condamnation, qui n’est pas encore définitive.

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