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Claude D. au procès

Carnet d'audience 4

Le magnifique autogoal de Claude D.

Cité par la défense au quatrième jour du procès, un témoin explique que le prévenu semblait «fou amoureux de Marie». Un attachement toujours contesté par Claude D., accusé d'avoir enlevé et assassiné la jeune fille

L’heure est aux témoins dits de personnalité. Ceux que le prévenu fait citer pour donner une image, si possible, meilleure de lui. Pour Claude D., ce n’est pas une surprise, la liste n’est pas très longue. Sa famille ne veut plus rien avoir affaire avec lui depuis sa récidive. Et il ne doit pas avoir beaucoup d'amis avec ses 18 années de détention au compteur.

Le premier témoin est devenu un visiteur de prison. Ce retraité avait répondu à un message désespéré sur la «ligne de cœur» de la radio. C'était l’épouse du prévenu (également rencontrée lors de la détention et rapidement divorcée). Elle cherchait des accompagnants pour briser la solitude carcérale de Claude D.. C’était en 2008. Avant l’affaire Marie.

Espèce en voie de disparition, ce retraité est de ceux qui voient l’homme et ne jugent pas les actes. Mais les lunettes ne sont pas toujours adaptées. Il raconte:

– On s’est lié d’affection avec Claude, on parlait de sa situation, il avait envie de se racheter, il avait des projets d’avenir. Il voulait fonder une famille. J’avais une grande confiance. J’ai toujours eu l’impression qu’il était sur le bon chemin.

Le témoin a l’impression de connaître un autre personnage que celui dépeint par la presse. En audience, il regarde celui qu’il appelle encore Claude, lui sourit. «Il a pris quelques kilos.»

A lui, Claude parlait de ses déboires «sentimentaux». Lors de son dernier contact, en 2013, au moment de la brève liberté surveillée, il lui a parlé de Marie.

Claude D. commence à s’inquiéter de la tournure du témoignage. Il commence à sentir l’autogoal. Effectivement, le témoin précise :

– J’ai compris qu’il était fou amoureux d’elle, que c’était une très belle jeune fille qui le faisait rêver, qu’il pensait avoir de la chance car il était plus âgé et n’avait pas un physique hors norme.

On est bien loin de la version du prévenu qui dépeint Marie comme une simple escort ou une fille facile avec qui passer de bons moments.

Depuis le crime et le retour de Claude D. en prison, le retraité n’a pas voulu aller le revoir.

– J’ai été blessé, j’avais confiance, j’y croyais.

Ce paisible témoin a quitté la salle. Place à une nouvelle dispute. La défense veut produire une seule page d’une expertise psychiatrique venue d’un autre dossier (défendu par Me Hayat) et signée par le désormais célèbre Dr Philippe Vuille. Apparemment, ce spécialiste de la certitude absolue aurait ailleurs une vision variable et parfois plus prudente de la possibilité de poser un pronostic perpétuel.

Le procureur général ironise sur «cette météore qui ne touchera même pas le sol».

Me Barillon, au nom de la famille de Marie, s’y oppose fermement.

Il faut plaider la question. C'est assez sobre. Le tribunal tranchera plus tard.

Second et dernier témoin cité par le prévenu. Un diacre, qui l'a connu en tant qu'aumônier de prison. Visiblement mal à l'aise. Il connaît aussi la famille de Marie, il est tenu à secret dont on ne sait plus trop qui doit le lever, il dit ne pas trop savoir ce qu'il fait là. Bref, on peut lui poser des questions et il accepte de répondre. C'est confus et cela n'apporte pas grand chose. 

Après une courte pause, deux décisions qui ne feront pas plaisir au prévenu. La Cour refuse de verser au dossier l'autre conclusion du Dr Vuille. Et une autre instance refuse de suspendre le procès tant que le recours contre la non-révocation de son défenseur d'office n'est pas tranché. Ouf.

On passe à la situation personnelle. ça va assez vite. Surprenant, car Claude D. aime vraiment beaucoup parler de lui et il a le goût du détail. Mais personne n'a de questions.

Les parties plaignantes, le père et la sœur de Marie, ne souhaitent pas s'exprimer. Les débats sont finis. Demain matin, place au réquisitoire du très efficace procureur général Eric Cottier.


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