Las d'être le cancre national en matière de chômage, Genève innove. Le canton étoffe ses mesures de prise en charge, et cible son action sur les personnes les plus difficiles à réinsérer: celles qui voient leur recherche d'emploi compromise par des problèmes de santé, des difficultés sociales, économiques ou familiales. Depuis dix jours, elles peuvent bénéficier d'un programme spécifique, fondé sur la collaboration de plusieurs institutions, et qui met l'accent sur un retour rapide au travail, a annoncé vendredi le conseiller d'Etat François Longchamp, responsable du Département de la solidarité et de l'emploi.

Genève en pionnier

Une expérience pilote proposée par la Confédération, et pour laquelle Genève a décidé «d'essuyer les plâtres», a souligné le ministre radical. En attendant l'aboutissement de réformes législatives, le canton espère s'offrir ainsi une arme de plus pour lutter contre son taux de chômage de 6,7% (3% en moyenne nationale) et la forte augmentation du nombre de bénéficiaires de l'aide sociale enregistrée au cours des dernières années.

Afin de trouver la solution la plus adaptée à la situation de ces cas complexes, une cellule constituée de trois collaborateurs issus de l'Office cantonal de l'emploi, de l'Hospice général (ndlr: qui assure les prestations d'assistance sociale) et des services de l'Assurance invalidité a été créée. Dans certains cas, elle pourra aussi faire appel à l'Office d'orientation professionnelle.

L'équipe sélectionne les dossiers de chômeurs qui présentent de bonnes chances de retrouver un emploi. La durée de prise en charge constituant un facteur pénalisant, seuls ceux qui sont inscrits au maximum depuis quatre mois dans l'une des trois institutions peuvent être retenus.

Le groupe dispose ensuite d'un mois pour proposer une série de mesures de réinsertion. Elaboré en concertation avec le chômeur, le plan lui fixe des objectifs et prend un caractère contraignant, aussi bien pour le bénéficiaire que pour les institutions.

«Notre but est de traiter 21 cas par mois», a expliqué Eric Etienne, directeur adjoint de l'action sociale. Pour l'heure, sur une quinzaine de dossiers examinés, sept font l'objet d'une procédure plus approfondie. Le projet n'engendre aucun coût supplémentaire, assure Eric Etienne: les membres de la cellule ont affecté 50% de leur temps de travail à cette activité et des locaux ont été mis à leur disposition.

Un premier bilan de l'expérience est prévu en octobre. D'ici là, d'autres cantons auront emboîté le pas à Genève, à commencer par le Valais, qui lancera son propre programme en mai. Les autres cantons romands devraient suivre, à l'exception de Neuchâtel.