Plusieurs personnalités participent ce matin à la cérémonie d'ouverture du 74e Salon international de l'automobile de Genève. Notamment le président de la Confédération, Joseph Deiss, et le président du Conseil d'Etat genevois, Robert Cramer. Un absent de marque: le maire de la Ville de Genève, Christian Ferrazino. Le magistrat de l'Alliance de gauche n'entend pas prendre part à une grand-messe automobile contraire à ses convictions.
«Je me suis fait élire notamment sur la base de mon combat en faveur de la mobilité alternative. Comme je souhaite être le plus clair possible dans mon message politique, je pense que ce n'est pas en allant couper le ruban du Salon de l'auto que j'atteins un tel objectif», explique le conseiller administratif. Pour lui, inutile dès lors de tenir un discours qui va se noyer dans les allocutions des pro-voitures. Lors de l'édition 2001, pourtant, le conseiller fédéral Moritz Leuenberger, alors président de la Confédération, n'avait pas hésité à troubler la fête de l'automobile par exemple en priant pour que «notre amour absolu de l'indépendance ne se transforme pas en cauchemar pour tous».
Forums
Après avoir rencontré de nombreux maires de villes du globe, qui connaissent de graves problèmes de trafic, Christian Ferrazino est convaincu d'une chose: qu'il lui incombe d'empoigner le dossier de la mobilité de manière énergique.
En lieu et place de la manifestation de Palexpo – certains y verront de la provocation –, le magistrat participe, tôt ce matin, à un forum, organisé par Migros et la Tribune de Genève sur la mobilité du XXIe siècle. Plus tard, il tient une conférence de presse sur des «aménagements éphémères» réalisés par des étudiants de hautes écoles spécialisées dans la perspective de la semaine européenne de la mobilité, en septembre prochain, plus connue sous le label de «En ville sans ma voiture».
A l'heure où l'avenir financier de Palexpo fait l'objet de vives inquiétudes, l'absence du maire de Genève n'est pas de nature à renforcer la position du palais des expositions. Mais Christian Ferrazino n'y voit pas de problème. Celui-ci «ne se déroule pas sur le territoire de la Ville de Genève, argue-t-il, c'est une structure cantonale. Il incombe dès lors au canton d'y être représenté.» La Ville n'est toutefois pas absente de la cérémonie d'ouverture. Les conseillers administratifs Pierre Muller (libéral) et André Hediger ont confirmé leur participation. «J'ai été mécanicien de précision, la voiture m'intéresse. C'est pourquoi j'y suis toujours allé», relève le magistrat du PdT.
Qu'est-ce qui pourrait faire changer d'avis Christian Ferrazino? La tenue d'un forum sur la mobilité alternative dans le cadre du Salon. «J'en ai discuté avec Claude Sage (ndlr: patron du Salon). Dans un tel cas, je serais le premier à venir apporter ma contribution au débat», souligne le maire. Du côté de Claude Sage, la prudence est de rigueur: «Je me suis engagé auprès de Christian Ferrazino à ne pas polémiquer.» Il lâche néanmoins quelques mots: «Je suis ici pour recevoir l'industrie mondiale de l'automobile.» Quant à un éventuel forum de la mobilité alternative, «c'est l'affaire du maire», conclut-il.