Nouveau coup d'arrêt pour les fusions de communes dans le canton de Neuchâtel. Après l'échec de la commune unique du Val-de-Travers, en juin dernier, 57% des citoyens de Peseux ont rejeté le projet de mariage avec la commune voisine de Corcelles-Cormondrèche. Malgré l'acceptation de cette dernière (59% de votes favorables), la Mairie de la Côte et ses 10000 habitants aux portes de Neuchâtel ne verront pas le jour le 1er janvier 2009.

Pour les deux exécutifs, qui ont milité pour la fusion, cet épilogue constitue un revers cuisant. Dimanche en début d'après-midi, ce sont deux présidents abattus qui ont confié leurs sentiments à la maison de commune de Peseux. Président de l'exécutif de Corcelles-Cormondrèche, Claude Gygax a regretté que la population de Peseux n'ait pas compris «que la meilleure collaboration, c'est la fusion». Son homologue, Patrice Neuenschwander, a quant à lui exprimé «sa profonde tristesse» et souhaité «bonne chance» aux communes du canton qui projettent d'unir leurs forces.

Sur le plan technique, le projet de Mairie de la Côte avait tout pour aboutir. Une étude d'experts avait mis en exergue la possibilité de réaliser des économies d'échelle sans suppression de postes. Le coefficient fiscal des deux communes aurait été revu à la baisse. Enfin, et ce n'est pas anecdotique, le canton aurait versé une contribution incitative de 4,1 millions de francs.

Discussions de bistrot

Dans ce contexte, pourquoi la population de Peseux n'est-elle pas entrée en matière? Pour Patrice Neuenschwander, le comité anti-fusion local «a joué un rôle déterminant» en menant une campagne très active parmi les habitants du village. Claude Gygax a utilisé des mots plus durs. «Beaucoup de votants se sont décidés à voter «contre» sur la base de discussions de bistrot. A ce jeu-là, les «Neinsager» sont toujours gagnants. Il est toujours plus confortable de dire «on vous ment» que de faire des propositions concrètes.»

Pour les deux exécutifs, il s'agit désormais de tourner la page et de se projeter vers les élections communales du printemps prochain. Patrice Neuenschwander: «On va s'attacher à panser les blessures d'une campagne très dure. Il faut réconcilier au plus vite partisans et opposants à la fusion.»

L'échec de la Mairie de la Côte constitue un mauvais signal alors que plusieurs autres rapprochements sont en cours dans le canton. Avec une question qui reste ouverte: quel sera le premier mariage à aboutir après l'absorption de La Coudre par la Ville de Neuchâtel, en 1929?

La réponse pourrait tomber rapidement. Le 24 février prochain, deux projets de fusion passeront en votation populaire: Marin-Epagnier et Thielle-Wavre, à l'est de Neuchâtel, ainsi que neuf communes du Val-de-Travers reparties au combat après l'échec du mariage à onze. Moins passionnés, les deux projets semblent avoir de bonnes chances d'aboutir. De quoi donner une dynamique durable à la nécessaire réforme des structures communales.