Terrorisme

Le mal nécessaire des simulations d’attaques terroristes

La police valaisanne a effectué mardi une simulation d’attaque terroriste. Si ces exercices permettent de tester les mécanismes de gestion de crise, ils n’empêcheront jamais les attaques spontanées

Le Valais se prépare au terrorisme. La police cantonale a réalisé ce mardi un exercice de réponse à une attaque menée par un commando d’une dizaine d’individus qui ouvraient le feu au hasard dans la zone industrielle de Monthey. De l’alerte, lors des premiers coups de feu, à la neutralisation des assaillants, tout s’est fait dans les conditions réelles pour les personnes engagées dans l’exercice.

«Nous n’avons pas le droit de ne pas nous y préparer, insiste Christian Varone, le commandant de la police cantonale valaisanne. Ce type d’exercice nous permet de nous rendre compte des éléments à améliorer, pour être le plus prêts possible en cas d’attaque.» Il ne s’agit pas d’une spécificité valaisanne, les autres cantons se préparent également à une telle éventualité.

Des simulations sont aussi réalisées au niveau national. En novembre 2017 par exemple, une prise d’otages aux Nations unies à Genève, ainsi que deux attaques, l’une visant des pendulaires et l’autre la centrale nucléaire de Mühleberg (BE), avaient été organisées. L’exercice sera renouvelé en novembre de cette année.

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«Malheureusement, il n’y a rien de mieux que la pratique»

Mais ces simulations permettent-elles réellement d’être prêt en cas d’attaque? «Malheureusement, il n’y a rien de mieux que la pratique pour ajuster les mesures mises en place, répond Jean-Paul Rouiller, du groupe d’analyse du terrorisme du Geneva Centre for Security Policy. Si une attaque devait avoir lieu, on pourrait mettre un tiers des éléments exercés à la poubelle instantanément. Ces exercices sont toutefois un mal nécessaire, surtout pour un pays comme la Suisse qui n’a pas été touché pour l’heure, car ils permettent de tester les mécanismes de gestion de crise.»

Mais les simulations peuvent être multipliées à l’infini, «elles ne permettront jamais d’empêcher les attaques, réalisées par des individus qui décident spontanément d’agir», souligne Jean-Paul Rouiller. L’exercice mis sur pied par la police valaisanne le démontre: ni l’attaque, ni le décès de 15 personnes n’ont pu être évités.

Le scénario imaginé est très proche de la réalité, puisque ce sont ces attaques spontanées que l’on a constatées en Europe ces deux ou trois dernières années, rappelle Jean-Paul Rouiller. «Le laps de temps entre la prise de décision et l’action est très court. Il est difficile d’être informé sur le passage à l’acte», reconnaît l’expert.

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Menace élevée en Suisse

S’il estime que la menace est élevée en Suisse actuellement, le Service de renseignement de la Confédération ne s’exprime pas sur le nombre de personnes qu’il a sous surveillance. En Valais, ce chiffre atteint la dizaine, selon Christian Varone. Le canton ne semble pourtant pas faire partie des cibles les plus susceptibles d’être visées par les terroristes. «Les lieux des attaques sont souvent liés aux lieux de provenance des individus, partis faire le djihad, qui passent à l’acte, explique Jean-Paul Rouiller. Et le Valais n’en compte pas beaucoup.»

Selon la Confédération, 16 voyageurs du djihad sont de retour en Suisse. Le SRC précise détenir «des informations selon lesquelles un petit nombre de voyageurs à motivation djihadiste a l’intention de revenir en Suisse». Il s’agit d’une vingtaine d’individus qui représentent un potentiel risque pour notre pays. Parmi eux, certains ont disparu des écrans radars. Et pour Jean-Paul Rouiller, ce sont eux qui représentent le plus grand danger.

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