En adoptant le 28 juillet 1999 le règlement sur la protection de la santé et la sécurité au travail au sein de l'administration cantonale, le canton de Genève devient le premier canton suisse à appliquer une directive fédérale, entrée en vigueur le 1er janvier 2000, qui oblige désormais l'employeur à faire appel au médecin du travail ou à d'autres spécialistes compétents lorsque la protection de la santé des travailleurs et leur sécurité l'exigent. Alors que les maladies professionnelles sont en augmentation depuis dix ans et représentent en Suisse 5 à 14 milliards de francs par an, le pays ne compte que 53 médecins du travail, dont 11 seulement en Suisse romande. A Genève, le service de Gilbert Kunzi, qui n'occupait qu'un médecin du travail à temps partiel, est renforcé d'un poste de médecin depuis mai.

Le directeur du Service de santé du personnel de l'Etat regrette pour sa part que la baisse de productivité d'une équipe, dans laquelle prévaut une situation de mobbing, n'ait encore jamais été calculée. Il cite toutefois une étude indiquant une baisse de productivité de 50% pour la personne harcelée et de 10% pour la personne qui harcèle. Des évaluations allemandes estiment, quant à elles, le coût du mobbing à 30 milliards de marks par an (24 milliards de francs suisses).