Trop c’est trop. Dans un arrêt publié récemment sur son site internet, le Tribunal fédéral admet une demande de récusation visant le procureur genevois Vincent Delaloye pour avoir multiplié les bourdes au détriment d’une victime de violences conjugales. La plaignante reprochait notamment au magistrat d’avoir libéré son multirécidiviste de mari sans la prévenir, de ne pas avoir respecté l’égalité des armes lors de l’instruction et de ne pas avoir tiqué en apprenant que le prévenu suivait un traitement en qualité de victime et non pas d’auteur de brutalités domestiques. Un comble.

Multiples condamnations

Les problèmes au sein de ce couple, avec trois enfants, ont débuté il y a plus de dix ans. Le mari a déjà fait l’objet de trois condamnations pour voies de fait et lésions corporelles. Le 13 février 2020, l’épouse a déposé une nouvelle plainte après avoir eu le nez fracturé. Entendu le lendemain par le procureur, le prévenu a été libéré dans la foulée moyennant l’interdiction de tout contact et l’obligation d’entreprendre un traitement en lien avec la gestion de cette violence, par exemple auprès de l’association Vires.