Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le conseiller national bâlois Beat Jans (G) a rédigé le projet «Economie 4.0».
© ANTHONY ANEX

Éditorial

Mal-être socialiste face à la digitalisation

Ce samedi, le PS suisse redéfinit sa ligne économique. L’exercice de modernisation n’est pas totalement réussi

L’établissement d’une stratégie économique cohérente est un casse-tête au Parti socialiste. Ce samedi, ses délégués se pencheront une nouvelle fois sur un projet de programme. Il a été enfanté dans la douleur. Les divisions restent profondes entre, d’un côté (gauche), les ennemis du capitalisme et partisans de la codécision à tous les étages, et, de l’autre côté (droite), les réformistes adeptes de l’économie sociale de marché et d’une appréhension positive de la digitalisation.

Le dernier programme économique du PS date de 2006. En 2016, une tentative de renouvellement a failli provoquer un schisme grave. Réunie en congrès à Thoune, la base du parti avait adopté un document sur la «démocratie économique» qui ambitionnait en particulier de concrétiser le «dépassement du capitalisme». A la suite d’un quiproquo, le président Christian Levrat a même été accusé de vouloir relancer la «lutte des classes».

Lire aussi: Le PS s'essaie à l'«Economie 4.0»

Cette affaire a donné naissance à une aile sociale-libérale à laquelle appartiennent une vingtaine de membres du parti, dont plusieurs ténors alémaniques de la scène fédérale. Ils auraient pu claquer la porte. Ils ont préféré agir à l’intérieur pour recentrer la ligne économique du PS et, surtout, la rendre plus en adéquation avec l’époque dans laquelle la Suisse vit.

Approche timorée

Comme il l’avait promis, le PS a rouvert le chantier de sa politique économique afin de tenter de concilier des positions très divergentes. Cela a débouché sur le projet «Economie 4.0», qui sera discuté samedi puis adopté définitivement cet automne. Le chef de projet, le conseiller national bâlois Beat Jans, ne s’est pas trop mal tiré de cet exercice de haute voltige. Mais le travail est loin d’être achevé, car 60 motions ont été déposées pour amender le texte. Aiguillons, trublions, les Jeunes socialistes n’ont d’ailleurs pas abandonné l’idée de «dépasser le capitalisme». La motion numéro 43, qui porte leur signature, propose ni plus ni moins de remettre en question la notion de propriété privée! Mais passons…

Comme le rapport se nomme «Economie 4.0», on s’attend à y trouver des réflexions solides sur la numérisation de la société et de l’économie. Mais l’approche reste timorée. Le chapitre consacré aux risques est deux fois plus long que celui qui énumère les opportunités offertes par la digitalisation. Les réformistes regrettent à juste titre l’approche «défensive et ambivalente» des auteurs du rapport. Cette prudence n’est pas étonnante: les conséquences sur l’emploi n’étant pas simples à appréhender, le PS et les syndicats ont toujours eu du mal à traiter ce sujet.

Or, ils n’auront pas le choix: il ne suffit pas de critiquer le statut, nouveau et précaire, des employés des plateformes numériques, il faut adapter l’encadrement contractuel et social, comme le reconnaît le Conseil fédéral lui-même dans une réponse à un postulat du PLR.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo suisse

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

Le Conseil national a refusé de suivre l'avis du Conseil des Etats. Celui-ci voulait réduire de moitié la facture des nouveaux gilets de l'armée suisse. Il a été convaincu par les arguments du chef du DDPS, Guy Parmelin. La question reste donc en suspens.

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

n/a