Oskar Freysinger martèle qu’il entend empêcher «l’avènement du centre-gauche» en Valais. En invitant sur sa liste le dissident démocrate-chrétien Nicolas Voide, le ministre UDC agite le spectre d’un futur gouvernement jugé trop proche de la gauche. La formule vise l’ancien président du PDC suisse Christophe Darbellay, qui s’est présenté aux élections fédérales de 1999 comme chrétien-social.

La rhétorique d’Oskar Freysinger irrite Christophe Darbellay: «Quand on est à l’extrême droite, tout le monde est de gauche». Dans le quotidien haut-Valaisan, sous forme de publicité, le démocrate-chrétien a publié un rating de la «Neue Zürcher Zeitung» qui le classe parmi les parlementaires de droite, avec la note de 1,6. Il insiste: «Je suis de centre-droit!»

Le PDC romand le plus à droite

Publié en novembre 2014 par «Le Temps» sur la base de 939 objets votés par le Conseil national depuis l’hiver 2013, un second rating définit Christophe Darbellay comme le démocrate-chrétien romand le plus à droite de l’hémicycle, avec la note de 1,2. Il se situe même à la droite de son collègue valaisan Yannick Buttet, qui passe pour un conservateur.

Dans le détail, seuls six démocrates-chrétiens alémaniques ou tessinois se situent plus à droite de l’échiquier politique que Christophe Darbellay, parmi lesquels son successeur à la présidence du parti, Gerhard Pfister. Durant cette période, 22 conseillers nationaux PDC ont voté plus à gauche. Sollicité, Oskar Freysinger refuse de commenter ces chiffres.

Au centre-droit sur smartvote

Réunis sur la liste «Ensemble à droite», Nicolas Voide et Sigrid Fischer-Willa ont refusé de renseigner les questions de la plateforme politique smartvote, tout comme le ministre UDC. Le profil de Christophe Darbellay, lui, décrit un candidat qui se situe au centre-droit.

Engagés dans un duel à distance, Oskar Freysinger et Christophe Darbellay ne se sont pas encore affrontés dans un débat contradictoire que le démocrate-chrétien ne cesse de réclamer. Le combat aura vraisemblablement lieu la semaine prochaine, face aux caméras de la RTS, puis de la chaîne de télévision valaisanne canal9.