Genève

Malgré les affaires, le conseil d’administration de Genève Aéroport soutient son directeur

André Schneider n’est pas menacé malgré la mise en prévention du chef de la sécurité de l’institution qu’il dirige. Un examen de la Cour des comptes souligne pourtant les manquements de la direction générale

Réuni en séance extraordinaire ce jeudi après-midi, le bureau du conseil d’administration de Genève Aéroport (sa présidente Corine Moinat, ses deux vice-présidents Pierre Bernheim et Stanislas Zuin, plus deux de ses membres) a fait savoir par voie de communiqué qu’il soutenait les recommandations de la Cour des comptes. Selon le délai accordé par l’organe de contrôle, leur mise en œuvre sera réalisée d’ici à août 2019.

A cette date, l’aéroport devra avoir déterminé quelles mesures seront prises afin de rétablir «une culture éthique adéquate au sein de son personnel». Une formation sur les risques de conflits d’intérêts et de corruption doit avoir été donnée. Les contrats passés par le département de la sécurité, dont le responsable est désormais sous une double enquête pénale, doivent faire l’objet d’une analyse. Enfin, le conseil d’administration doit s’assurer que les lanceurs d’alerte sont «traités avec diligence».

Lire aussi: L’examen qui révèle du copinage et des magouilles

Des «risques de fraude importants»

La Cour des comptes relève, dans son examen, qu’il existe des «risques de fraude importants» au vu des éléments en sa possession portant sur un marché de trois lots attribués en 2018. Le responsable du département de la sécurité occupe un rôle central dans les dysfonctionnements observés. C’est le même homme dont l’arrestation a été annoncée mardi dans le cadre d’un autre contrat et qui est mis en prévention pour corruption et gestion déloyale des intérêts publics. Le parquet le soupçonne d’avoir touché des pots-de-vin.

Lire aussi: Une affaire de corruption éclabousse Genève Aéroport

Le bureau du conseil «entend marquer son soutien à la direction générale et lui renouvelle sa confiance», dit le communiqué. «Nous pensons toujours que André Schneider est la meilleure personne pour diriger l’aéroport, nous a confirmé Corine Moinat. Depuis son arrivée il y a moins de trois ans, il a mené des réformes importantes notamment dans la gouvernance et les procédures en matière d’attribution de marchés publics ainsi que la gestion de projets. Sur le cas qui nous occupe il n’a certainement pas été assez attentif aux risques de conflit d’intérêts et les réponses qu’il nous a fournies n’étaient pas suffisantes, raison pour laquelle nous avons mandaté la Cour des comptes.» L’examen de cette dernière souligne explicitement «une appréciation erronée de la situation par la direction générale».

Publicité