Les autorités libyennes ont suspendu lundi la délivrance de visas d’entrée aux ressortissants des 25 pays de l’espace Schengen. Parmi les 188 personnalités visées par les sanctions suisses figurent Mouammar Kadhafi, guide de la révolution libyenne, et plusieurs membres de sa famille.

«Le gouvernement suisse les a mis sur la liste noire de Schengen, mais ce n’est pas l’accord de Schengen que nous connaissons. En agissant de la sorte, la Suisse a pris les autres pays de l’espace Schengen en otages», fait valoir le ministre italien des Affaires étrangères dans un entretien publié mardi par «La Stampa».

Lundi, M. Frattini avait déploré que la Suisse ait, selon lui, «inséré dans sa black list non pas des auteurs de délits ou des personnes dangereuses et recherchées comme le prévoit l’accord de Schengen, mais même le leader Kadhafi ou le ministre des Affaires étrangères».

Tripoli a engagé un bras de fer diplomatique avec Berne après l’arrestation, le 15 juillet 2008 à Genève, d’Hannibal Kadhafi, fils du dirigeant libyen, et de son épouse. «Schengen ne doit pas devenir un moyen de pression pour la Suisse. Il y a d’autres moyens de résoudre les problèmes bilatéraux avec la Libye», a poursuivi Frattini, ajoutant que Silvio Berlusconi avait invité les autorités libyennes à revenir sur leur décision.

La Confédération n’a pas reconnu officiellement l’existence de cette liste noire, mais on assure à Berne que l’initiative a été approuvée par les autres Etats membres de l’espace Schengen. Des tensions sont apparues récemment dans les relations entre Rome et Berne après l’amnistie que l’Italie a proposée à ses ressortissants détenteurs de comptes en banque non déclarés en Suisse.