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Le lac Majeur lors d'une précédente époque de sécheresse (2002)
© KARL MATHIS

Tessin

Malgré la neige, le niveau des lacs tessinois demeure inquiétant

Depuis quelques années, l’automne au sud des Alpes est synonyme de sécheresse. Une réalité nouvelle encore difficile à interpréter pour les autorités cantonales

Même si elle cause d’autres casse-tête, la neige tombée ces derniers jours est source d’un relatif soulagement au Tessin. En 70 ans, le niveau d’eau des lacs n’a jamais été aussi bas que ces dernières semaines. Celui-ci a dépassé les 40 cm sous le zéro hydrographique, alors que la moyenne du niveau de l’eau à cette période ces 75 dernières années est de 105 cm au-dessus du zéro. Dans le seul lac Majeur, des centaines de milliards de litres d’eau manquent à l’appel.

Chef de l’Office cantonal des cours d’eau, Laurent Filippini affirme que la neige atténue la gravité de la situation, «mais elle ne suffit de loin pas à combler le manque à gagner». Il confirme que la conjoncture actuelle est exceptionnelle. «Depuis deux ou trois ans, nous vivons des automnes «maigres» en termes de précipitations. Cette sécheresse se manifeste à un moment inhabituel. Normalement, octobre et novembre portent de l’eau.»

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Laurent Filippini se veut néanmoins rassurant. L’eau potable n’est pas menacée et l’agriculture n’a pas besoin de grandes quantités d’eau à cette époque de l’année. Pour les poissons, en revanche, la situation est problématique. «Dans les rivières, la période de reproduction s’échelonne entre la mi-octobre et mars pour certaines espèces, dont la truite. L’insuffisance d’eau freine le déplacement des poissons vers les zones de reproduction, à cause de passages secs où ils peuvent être piégés, et des endroits propices pour déposer leurs œufs sont asséchés.»

Manque de recul

Le haut fonctionnaire reconnaît que le contexte climatique est en mutation. Mais comme il s’agit d’une tendance nouvelle, on manque de recul pour l’interpréter et planifier une réponse viable.

Les conséquences des bas niveaux d’eau affectent aussi la navigation, l’accès aux ports étant rendu difficile. Les autorités de navigation du lac Majeur ont dû interdire la cargaison sur les traversiers de poids lourds trop pesants. Responsable des ventes et du marketing de la Société de navigation du lac de Lugano, Alessandro Rezzonico affirme que le niveau du lac avait atteint la limite du soutenable la semaine dernière: «Nous étions en alerte maximale, si le niveau de l’eau devait encore baisser, les plus grosses embarcations ne pourraient pas quitter le port communal parce que les hélices toucheraient le fond du lac.»

Un cas propre au Tessin

Pour le futur, ce responsable de la navigation compte sur moins de pluie et des températures toujours plus douces. «Cela nous permettra d’envisager l’exploitation du lac toute l’année, plutôt que sur une base saisonnière. Une opportunité que nous offrent les changements climatiques.»

A l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), Edith Oosenbrug, responsable des informations hydrologiques, soutient que le niveau particulièrement bas des lacs est propre au Tessin. Les autres lacs en Suisse montrent des niveaux d’eau normaux pour la saison. Pour tous les lacs du pays soumis à une régulation – la majorité de ceux de plus de 20 km² – des règlements fixent des niveaux d’eau maximal et minimal, en tenant compte des divers intérêts: navigation, agriculture, faune, pêche, énergie, etc. Les cantons sont responsables de la régulation des lacs. Une stratégie nationale pour prévenir l’excès ou l’insuffisance d’eau n’est pas envisagée, la situation des lacs suisses étant très variable.

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