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Le 27 novembre, les habitants de la commune de Prilly votent sur la renaissance de la friche de Malley.
© Keystone

Votations

Malley, suspense pour la conquête de l’Ouest

La votation de dimanche sur les tours de Malley près de Lausanne est un nouveau test pour la densification en ville, précisément dans un endroit qui s’y prête

Ce n’est pas qu’un scrutin villageois, c’est un vote qui en dit long sur le Lausanne en devenir. Ce 27 novembre à Prilly, les habitants se prononceront sur un projet de densification qui s’inscrit dans le développement urbain du Grand Lausanne. Le premier volet de Malley-Centre prévoit la construction de deux tours d’une hauteur maximale de 63 et 77 mètres, avec comme enjeu la revalorisation d’une des plus grandes friches industrielles du canton. Dans un second temps, trois tours supplémentaires seront soumises au projet. Qu’y trouvera-t-on? 1100 logements susceptibles d’héberger jusqu’à 2400 habitants et la création de 1700 emplois. Le développement urbain dans toute son ampleur.

Mais les opposants sont virulents et dénoncent une «logique de la démesure». En cas de refus, dix ans de travaux préparatoires passeraient à la trappe. Le pari est risqué, car deux tours – Bussigny et Taoua – ont récemment été refusées dans la région, en 2012 et 2014. Dans ces deux derniers cas, les opposants proposaient Malley comme solution, décrivant cette zone sans grande noblesse, aux terrains à valoriser.

Quelle alternative proposer à la densification si le projet est rejeté? Les tensions autour de la votation révèlent deux choses: l’hostilité des Lausannois pour les tours et l’absurdité des démarcations communales dans un projet qui dépasse les frontières institutionnelles.

Même débat depuis les années 30

«Dire non aux tours ne signifie pas que l’on refuse de se densifier», affirme le syndic de Lausanne, Grégoire Junod, qui tenait les mêmes propos lors du rejet de la tour Taoua à Beaulieu. «Dans les années 30, les milieux progressistes lausannois voulaient déjà étendre la ville vers l’ouest, ils militaient pour la construction de la tour Bel-Air!» commente-t-il, en s’amusant qu’elle se trouve aujourd’hui en plein centre urbain.

Pourquoi s’obstiner à construire des tours? Les villes de la Côte lémanique sont tournées vers le sud et c’est la vue sur le lac qui prime. La préservation du paysage est alors plus sensible que dans d’autres métropoles helvétiques. «La tour est un moyen de signaler une exception, explique l’architecte lausannois Patrick Heiz. Celle d’Edipresse marque un moment du journalisme, témoin d’une industrie qui fut florissante. Comme on en construit aujourd’hui à Bâle pour l’industrie pharmaceutique.» Les tours sont associées à la modernité, au futur, selon l’architecte. Or il y a d’autres manières de marquer le renouveau. «Nous craignons que nos villes ne s’étalent et ne deviennent des tissus sans forme et sans fin, alors nous cherchons à construire des centres forts avec des phares partout. Mais nous pourrions utiliser nos périphéries pour déployer la ville à la manière de Los Angeles, le long de l’eau.» Lausanne a débordé au-delà de ses frontières politiques actuelles. L’architecte propose de fusionner les petites communes autour de Lausanne pour changer les perspectives.

L’idée est partagée par le conseiller national PLR Fathi Derder, qui écrivait dernièrement dans nos pages qu’«entre Morges et Vevey il n’y a qu’une ville: Lausanne». «Les urbanistes le savent, les Lausannois le savent, mais les politiques l’ignorent, déplore-t-il. Il manque une vision politique pour le développement du Grand Lausanne. On parle de quartiers intercommunaux, mais c’est une gigantesque plaisanterie: chaque commune défend ses intérêts et personne ne se préoccupe de l’ensemble. Certains brandissent le fédéralisme, mais c’est un mauvais argument: les villes suisses ne pèsent rien à Berne. Au contraire, redonnons-leur du pouvoir.»

A (re)découvrir: Lausanne, capitale romande, doit se donner les moyens de ses ambitions

Si tour il y a dimanche, la ville de Lausanne aura son déversoir à l’ouest. Dans cette perspective, certains urbanistes imaginent que dans quelques années, Malley sera le nouveau centre de la capitale vaudoise.

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