Arrivé en tête en Haute-Savoie à l'issue du premier tour des élections présidentielles en avril, Jean-Marie Le Pen n'est pas le bienvenu cet été dans le département alpin.

Vendredi dernier, le Tribunal administratif de Grenoble a refusé d'annuler la décision du maire d'Annecy, Bernard Bosson, d'interdire au leader du Front national (FN) d'organiser à l'Impérial, un centre de congrès situé au bord du lac et propriété de l'agglomération annécienne, l'université d'été de son parti.

Mais le parti d'extrême droite ne désarme pas. Il a saisi en procédure d'urgence le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative française pour contester la décision du tribunal.

Contrat de location annulé

Quelque 400 cadres et militants devaient se réunir du 28 au 30 août dans la capitale haut-savoyarde lors de ce traditionnel rendez-vous qui marque, en France, la rentrée politique. Mais à la fin du mois de juillet, Bernard Bosson a demandé à la société d'exploitation de l'Impérial d'annuler le contrat de location signé le 5 avec le FN, sous prétexte que le règlement de cet établissement interdit l'organisation de toute réunion politique, philosophique ou religieuse, à caractère public.

Michel Couasnon, président du directoire de l'Impérial, connaît ce règlement. Il explique pourquoi, malgré cela, il a accepté de signer le contrat: «Depuis 2001, la loi sur la discrimination punit jusqu'à 30 000 euros d'amende et 2 ans de prison celui qui refuse un service à quelqu'un en raison de son âge, son origine, son opinion politique ou religieuse. Je suis forcé d'accepter de louer. Je dois aussi informer mon autorité de tutelle, l'agglomération annécienne, représentée par Bernard Bosson, qui dans ce cas m'a obligé à annuler.»

Pour Marcel Ceccali, directeur adjoint des affaires juridiques au Front national, son parti est victime d'une manœuvre politique. «Les arguments avancés par le tribunal pour rejeter notre requête sont étranges», estime-t-il, espérant que le Conseil d'Etat leur donnera raison.

Cependant en cette période de vacances, les administrations françaises fonctionnent au ralenti, et rien n'indique qu'une décision interviendra à temps pour le FN. «Dans ce cas, nous serons obligés d'annuler notre université d'été car nous n'avons nulle part ailleurs où aller», déplore Marcel Ceccali. Avant Annecy, Pau avait déjà empêché le parti de Jean-Marie Le Pen de se réunir.