La justice genevoise a bien décerné un mandat d'amener à l'encontre de Pavel Borodine, confirme le procureur général Bernard Bertossa à la suite d'une information parue mercredi dans Le Monde.

Le mandat visant l'ancien intendant du Kremlin, soupçonné de blanchiment, a été diffusé en Suisse ainsi que dans plusieurs pays à l'exclusion de la Russie qui n'extrade pas ses ressortissants. L'ancien chef de la direction des affaires présidentielles, qui coule encore des jours tranquilles à Moscou, a désormais intérêt à éviter tout déplacement à l'étranger. Tout comme d'autres compatriotes qui sont impliqués dans la même procédure.

Symbole des scandales qui ont terni les derniers mois du règne de Boris Eltsine, Pavel Borodine a été transféré à la mi-janvier au poste essentiellement honorifique de secrétaire de l'Union Russie-Biélorussie par Vladimir Poutine. Sous enquête dans son pays depuis fin 1998 pour corruption passive et abus de pouvoir, il est suspecté d'avoir octroyé de juteux marchés de rénovation contre des pots-de-vin. Son nom figure également en tête de liste des hauts fonctionnaires et anciens membres du gouvernement russe dont les comptes en Suisse font l'objet d'une enquête en blanchiment menée par le juge d'instruction Daniel Devaud. C'est dans le cadre de cette enquête, qui a mené au blocage de plusieurs dizaine de millions de francs, que le magistrat estime désormais disposer de suffisamment d'éléments à charge pour lancer un mandat. Les investigations sont toutefois loin d'être terminées. Il s'agit notamment d'éplucher les comptes des sociétés de construction luganaises Merkata et Mabetex et d'identifier les bénéficiaires d'innombrables off shore.