Réuni ce matin, le Conseil d'Etat va «parler» de la situation dans laquelle se trouve le vice-président de la Banque Cantonale Vaudoise (BCV). C'est ce qu'indique Léonard Favre, conseiller stratégique de l'Etat, sur ce dossier. Paul Hasenfratz possède quelque 200 bons de participation émis en 2003 pour recapitaliser la banque. Or il a directement participé au processus qui règle l'avenir de ces titres. L'opération avantage très nettement les détenteurs privés. Au cours de clôture d'hier, le vice-président de la banque réaliserait une plus-value de 34 000 francs. Lundi soir, la banque a finalement précisé que tout éventuel profit serait reversé à des «bonnes œuvres».

Le conflit d'intérêts dans lequel se trouve le vice-président de l'établissement sera débattu par le Conseil d'Etat. Se pose en particulier la question de son maintien en poste. Il fait partie des quatre administrateurs dont la nomination dépend de l'autorité du canton. «Rien n'est exclu», estime Léonard Favre, qui note que «son mandat doit être renouvelé en fin d'année». Le conseiller stratégique tient toutefois à rappeler tout «l'apport pour la BCV» que représente sa présence au sein de la banque.

Paul Hasenfratz a rejoint, le 1er avril 2002, une BCV en pleine crise. L'Etat de Vaud fait appel à un homme réputé: il a effectué toute sa carrière au sein de la Banque cantonale de Zurich, dont il a assuré la direction près de dix ans. En outre, il n'est pas vaudois. Un an plus tard, il est nommé à la vice-présidence.

Ni Paul Hasenfratz ni la banque n'ont souhaité faire de commentaire.