Le Conseil fédéral a choisi vendredi la position qu’il va défendre le mois prochain lors de la conférence de Copenhague sur le climat. Le plus grand rendez-vous diplomatique de l’année 2009. Le rassemblement qui doit préparer l’humanité à affronter de manière coordonnée l’un des plus grands défis du XXIe siècle. En voici les grandes lignes.

Emissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020

Sur le sujet central des émissions de gaz à effet de serre, la Suisse s’aligne sur l’Union européenne, qui est elle-même en pointe dans le domaine au niveau mondial. Elle entend réduire ses rejets de 20% d’ici à 2020 par rapport à 1990 et se dit prête à monter jusqu’à 30% «si d’autres pays industrialisés s’engagent à atteindre des objectifs comparables» et si les pays en développement entreprennent de freiner «l’augmentation de leurs rejets».

Emissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050

Dans l’esprit du Conseil fédéral, les mesures à court terme, celles qui concernent la période 2013-2020, représentent le prolongement des engagements du Protocole de Kyoto. Au-delà, dans les trente années qui suivent, s’ouvre une nouvelle phase où des objectifs nettement plus ambitieux doivent s’imposer sous le titre de «vision commune». La Suisse considère que le réchauffement global ne devra pas dépasser les 2° C. Pour y parvenir, elle s’engage à réduire ses émissions d’«au moins 50% d’ici à 2050» et se déclare disposée à revoir l’objectif à la hausse, jusqu’à 85%, «si des découvertes scientifiques en laissent entrevoir la possibilité». La formule permet de voir venir…

Préservation des forêts

Une partie importante des émissions de gaz à effet de serre, 17% au moins, est due à la déforestation dans les pays en développement et émergents. Il paraît donc impossible d’atteindre l’objectif des 2° C sans tenir compte de ce problème particulier. La Suisse souhaite que tout futur accord climatique inclue des mesures d’aide aux pays pauvres censés préserver leurs forêts.

Transferts de technologie

On ne peut pas demander aux pays en développement de passer à une économie verte sans leur donner les moyens de le faire. Et d’abord les moyens techniques. La Suisse abonde dans ce sens mais agit aussi en sa qualité de «site de recherche et de technologies». Elle soutient le développement et le transfert de technologies respectueuses de l’environnement mais attend tout aussi clairement des pays bénéficiaires qu’ils «créent des conditions propices» à ce genre d’opérations, notamment en s’engageant à protéger la propriété intellectuelle.

Aide financière

La réduction des émissions de gaz à effet de serre ainsi que l’adaptation aux changements climatiques coûteront très cher à la communauté internationale, soit entre 100 et plusieurs centaines de milliards de francs par an. Comment percevoir ces sommes et comment les distribuer? «La discussion portera entre autres sur l’obtention de fonds selon le principe du pollueur-payeur […] ou par des taxes sur l’échange de certificats d’émission», prévoit le Conseil fédéral. La Suisse défend la première option, en proposant un impôt planétaire sur le CO2.