Malgré les critiques et les réticences du ministre de la Défense, Ueli Maurer, le mandat du contingent de 220 hommes de la Swisscoy en faveur de la Kosovo Force multinationale (KFOR) devrait être prolongé jusqu’en décembre 2014. Pour autant que le parlement accepte la proposition du Conseil fédéral. Mercredi, le message a été approuvé sans discussion par le gouvernement, qui a même accepté la possibilité de compléter à court terme l’effectif autorisé de 220 soldats par une réserve de 80 hommes supplémentaires durant douze mois.

Hostilité partagée

Ueli Maurer, comme son parti, l’UDC, s’est toujours montré hostile à l’engagement à l’étranger. Tout au plus admet-il l’envoi de spécialistes, sanitaires ou génie.

Pour la première fois depuis son entrée en fonction il y a deux ans, il a rendu visite au contingent suisse fin octobre au camp Casablanca. Certes, il a admis éprouver «un grand respect pour le travail des soldats», mais son opinion n’en a pas été modifiée pour autant. Il déclarait ainsi dans une interview que les investissements étrangers en matière de sécurité dans cette région étaient beaucoup trop importants par rapport aux effets obtenus. Mais, pris entre le mandat du parlement et son parti, Ueli Maurer n’en a pas moins présenté au Conseil fédéral son message destiné à prolonger de quatre ans le mandat de la Swisscoy. Pour l’UDC, qui dénonce les manquements à la discipline qui ont fait la une des journaux ce printemps, cette prolongation «est incompréhensible et indéfendable… Les militaires n’ont plus guère l’occasion de faire un travail utile».

Depuis son arrivée en 1999, le rôle de la Swisscoy a changé. Alors que les soldats suisses ont pu, en 2002, être armés pour assurer leur propre protection, leur rôle évolue avec l’amélioration de la sécurité au Kosovo. Les soldats d’infanterie sont peu à peu remplacés par des spécialistes du génie et des transports, notamment par hélicoptère, et surtout des unités engagées dans le renseignement et les contacts avec la population.