Seul élu francophone du canton de Berne, l’UDC Manfred Bühler, 35 ans, a été placé devant un choix difficile en septembre. Avec l’annonce de la démission du conseiller d’Etat Philippe Perrenoud, élu du Jura bernois, la voie du gouvernement s’ouvrait toute grande devant lui.

Mais Manfred Bühler, qui s’était lancé dans la course au Conseil national, avait promis de redonner un siège de conseiller national aux francophones de Berne. «Une fois élu, renoncer au Conseil national pour l’exécutif bernois cela aurait été une trahison de mes engagements envers ma région», dit cet avocat, partenaire de l’étude ANB à Bienne. Toutefois, Manfred Bühler refuse d’être cantonné au seul rôle de défenseur du Jura bernois. «Je suis d’abord un représentant du canton de Berne, précise-t-il. Mais il est évident que je m’engagerai plus particulièrement dans des dossiers – transports, enseignement, culture, politique régionale – qui touchent directement le Jura bernois ou les francophones du canton.»

Manfred Bühler abandonnera tout de même ses mandats au Conseil du Jura bernois et au Grand Conseil. Mais il conserve la mairie de son village, Cortébert, dans le vallon de Saint-Imier. En juriste intéressé par les grands codes, civil, pénal ou des obligations, il a émis le vœu de siéger dans la Commission des affaires juridiques. Sur la question de la primauté du droit national sur le droit international, l’un des thèmes de référence de l’UDC, il ne dévie pas de la doctrine de son parti. «Il faut avoir une ligne ferme et claire au départ, quitte à être amené par la suite à accepter des concessions», dit-il. Même position quant à l’application de l’article 121a sur l’immigration de masse. Selon lui, la Suisse a assez d’atouts pour prendre des risques et contraindre l’UE à des concessions. Autre question qui occupera l’élu francophone: les conséquences du franc fort pour l’emploi, alors que sa région de petites industries souffre particulièrement dans le secteur des exportations. Même si, pour ce libéral en matière économique, «les crises sont aussi une chance de se restructurer».