Les organisateurs avaient annoncé vouloir mener plusieurs «actions positives» permettant de se réapproprier la ville tout au long de la marche: notamment peindre des espaces pour les cyclistes et piétons et lutter contre l'invasion publicitaire en recouvrant des affiches.

Samedi, la police de Lausanne a mené une action préventive en contrôlant et identifiant des gens avec du matériel suspect, afin de garantir le bon déroulement de la manifestation. Elle a saisi huit caddies, 25 litres de peinture, et 13 sprays, ainsi que du matériel destiné à être utilisés dans le cadre de dégradations, a détaillé Raphaël Pomey, porte-parole de la police de Lausanne.

Sitting à Montbenon

Peu après 15h00, le cortège, composé d'enfants, de jeunes et de moins jeunes, est parti sans les personnes contrôlées. Les manifestants se sont arrêtés devant le Tribunal de Montbenon. Ils ont fait un sitting pour réclamer la «libération de leurs camarades».

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Les négociations en ce sens avec la police ont abouti. Les personnes en question ont pu rejoindre le défilé qui a repris en direction de la place de la Riponne. Symbole de la manifestation, un arbre à rêves a été planté sur la place en face du Palais de Rumine sous la forme d'un petit pommier.

Pour le reste, la manifestation s'est déroulée sereinement. «Plus chaud, plus chaud que le climat», «oui, oui oui à l'écologie, non à la pollution» ont scandé les participants. Ils portaient des dizaines de pancartes rappelant l'urgence climatique et demandant des actions rapides.

Lors de la première grève du climat en Suisse, le 18 janvier dernier, Lausanne avait réuni plus de 8000 jeunes dans ses rues. Au deuxième épisode, le samedi 2 février, 10'000 personnes s'étaient mobilisées. Le vendredi 15 mars, 10'000 élèves et apprentis avaient défilé pour la planète.

Les Genevois moins nombreux pour la marche pour le climat

La mobilisation en faveur du climat a essuyé une forte baisse samedi à Genève. Alors que les précédentes manifestations avaient attiré entre 4000 et 5000 personnes, ils ont été entre 1200 et 1500 à défiler samedi, selon un décompte de la police.

Cette quatrième marche nationale pour le climat, la deuxième à se dérouler un samedi, n'a pas rencontré le succès espéré dans la cité de Calvin. «Il existe un risque d'une certaine lassitude», a reconnu Laurane Conod, l'une des membres du comité d'organisation genevois, interrogée par Keystone-ATS.

Pas question toutefois de baisser les bras, a-t-elle assuré. «Nous ne voulons pas arrêter notre mouvement tant que nos revendications n'ont pas été entendues, tant que nous n'avons pas obtenu des résultats concrets», a affirmé l'étudiante genevoise.

Voie politique inefficace

Ce risque d'essoufflement oblige les membres du mouvement à innover et à trouver de nouveaux projets, a expliqué Laurane Conod. «A Genève par exemple, nous voulons demander davantage de pistes cyclables», a-t-elle relevé.

Pour arriver à leurs fins, les jeunes militants ne souhaitent pas passer par la voie politique habituelle. «Celle-ci s'est montrée inefficace jusqu'à maintenant, même si elle risque d'être inévitable pour certains projets», a estimé Laurane Conod.

Sit-in devant UBS et Credit Suisse

Samedi sous le soleil de Genève, le cortège est parti peu avant 15h00 de la Place des Vingt-Deux Cantons, à proximité de la gare de Cornavin. Les manifestants ont traversé le pont du Mont-Blanc avant de se diriger vers les Rues Basses, où ils se sont assis quelques minutes devant les agences d'UBS et de Credit Suisse.

«Les banques et le pétrole, y en a ras le bol!» ou «Les multinationales au tribunal», ont-ils notamment scandé devant les deux banques, protégées par un cordon de policiers. La foule, composée majoritairement de jeunes, s'est ensuite déplacée jusqu'au Parc des Bastions, où elle s'est dispersée dans le calme.