Depuis le 6 juin dernier, seules les manifestations réunissant un maximum de 300 personnes sont autorisées. A partir de ce lundi, cette jauge passe à 1000 personnes, les rassemblements plus importants restant interdits jusqu’au 31 août. Si cela semble être une bonne nouvelle, les mesures qui accompagnent cet assouplissement sont contraignantes. En marge du respect de la distance de sécurité (qui passe de 2 m à 1 m 50), les organisateurs d’événements sportifs ou culturels doivent s’assurer, afin de garantir un traçage efficient, de ne pas avoir plus de 300 personnes à contacter.

Ce qui veut dire que les spectateurs doivent être séparés un en minimum de trois groupes de 300 individus. Autant dire que pour toutes les salles intérieures, la norme devrait rester celle d’un public de 300 personnes avec un siège vide entre les spectateurs.

S’il semble possible d’imaginer la séparation du public d’une rencontre sportive via des entrées distinctes déjà existantes, il est moins probable que des manifestations culturelles tentent l’expérience d’un public de 1000 personnes séparées en plusieurs secteurs. D’autant que tous les festivals de l’été ont déjà jeté l’éponge afin de limiter leurs pertes financières – le Chant du Gros, qui se tient au Noirmont en septembre, vient à son tour d’annoncer l’annulation de son édition 2020.

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Le regard tourné vers l’automne

Directeur de la société Opus One, un des plus gros organisateurs de concerts et événements en Suisse, Vincent Sager est perplexe. «En tant que promoteur actif sur les tournées internationales, nos échéances de travail se situent entre 6 et 24 mois en amont des spectacles, explique-t-il. Quoi qu’il arrive, il ne se passera rien cet été en ce qui nous concerne.» Le Vaudois a déjà le regard tourné vers l’automne, tout en se disant pessimiste pour les grands événements. Dans une dizaine de jours, il devrait rencontrer d’autres grands acteurs du live afin de voir ce qui est applicable. Diviser l’Arena de Genève, qui peut accueillir 5000 spectateurs debout, lui paraît en tout cas inimaginable.

L’assouplissement annoncé par le Conseil fédéral offre par contre d’intéressantes perspectives pour les petits festivals à la programmation éclatée, à l’image de La Bâtie, qui a confirmé la tenue de sa 44e édition, à Genève, du 28 août au 13 septembre.