La place Fédérale accueille chaque année une cinquantaine de rassemblements, ainsi que le traditionnel marché du samedi. Durant les travaux, manifestants et marchands de primeurs vont devoir déménager. Pour les manifestations de 1500 à 4000 personnes, le choix de la police s'est porté sur la Rathausplatz, le Hirschenpark et la Münsterplatz, la Waisenhausplatz et la Kornhausplatz. La Schützenmatte et la Helvetiaplatz peuvent accueillir jusqu'à 10 000 personnes. Quant aux rassemblements d'ampleur exceptionnelle – en février, Berne avait vu déferler 40 000 opposants à la guerre en Irak –, il est prévu de les déplacer sur l'Allmend, explique le porte-parole de la police municipale, Bruno Gurtner. Une année que Pietro Cavadini, porte-parole de l'Union syndicale suisse, accueille avec fatalisme. Avant de préciser que les lieux des rassemblements pourront être négociés. L'Allmend, trop champêtre et pas assez politique au goût de l'USS, a ainsi été rejeté pour la manifestation du 20 septembre prochain contre la réforme de l'AVS, qui se tiendra finalement dans la vieille ville.

Après le 2 août, le marché déménagera sur la Waisenhausplatz. Seuls les étals de la Bundesgasse et de la Schauplatzgasse resteront en place. Un temps inquiets de voir le marché bouleversé, les commerçants se disent aujourd'hui tout excités par les travaux.

Avec le réaménagement de la place, les archéologues se préparent de leur côté à photographier, dessiner et archiver les vestiges de la Judenturm, le quartier juif, à une quarantaine de centimètres au-dessous de la surface actuelle. La place Fédérale est en effet construite sur le deuxième rempart de la cité médiévale, érigé vers 1255 autour d'un fossé naturel, souligne l'archéologue cantonale Cynthia Dinning. Au XIXe siècle, le manque de législation avait permis les destructions provoquées par la construction des caves des banques de la place Fédérale. Cette fois, archéologues et constructeurs se préparent à travailler main dans la main, en évitant le plus possible les vestiges les plus importants. D'autant que, rappelle l'archéologue, la place Fédérale est la dernière de Berne où les fouilles sont encore possibles.