Se balader dans les ruelles du Fribourg du XVIIe siècle, visiter le couvent des Cordeliers et son célèbre retable, ou méditer dans le cloître de la Maigrauge, c'est le projet Fribourg Martini 1606 (Frima 1606). En se basant sur le célèbre plan gravé par Martin Martini en 1606, l'ingénieur Marco Bai, en 1996, a proposé au Service des institutions et assurances sociales de la Ville de Fribourg de mettre en place un programme pour demandeurs d'emploi destiné à la réalisation d'une maquette scientifique de la cité des Zaehringen.

L'originalité de Frima 1606 réside tout autant dans la construction d'une maquette «physique» de 55 mètres carrés, dont le premier tiers est déjà réalisé, que dans le développement, en parallèle, d'une vision virtuelle de Fribourg. A chaque bâtiment apparaissant sur la maquette correspond ainsi son pendant en images de synthèse. C'est l'entreprise Ilford qui apporte son savoir-faire de pointe dans la réalisation du Fribourg synthétique. Au final, le projet devrait donner naissance à un CD-Rom et à un film vidéo, en plus de l'imposante maquette. Une exposition est actuellement visible à l'Hôtel Golden Tulip, dévoilant les premiers résultats du projet.

Le coup d'envoi du projet Frima 1606 a été donné le 1er avril 1996. Le programme emploie entre 25 et 30 personnes provenant principalement des professions de l'image, comme des graphistes, des photographes, des dessinateurs, des ingénieurs, des architectes, des physiciens, appuyés par des historiens. Au total, près de 160 personnes, installées dans un vieux moulin du XVIIe siècle de la vallée du Gottéron, ont déjà participé au programme, pour des périodes d'engagement n'excédant pas six mois.

Pour Michel Berther, chef de service aux Affaires sociales de la ville de Fribourg, «Frima 1606 permet aux participants de se former sur des outils de pointe, notamment des logiciels de dessin assisté par ordinateur (DAO) ou encore sur les dernières technologies en matière de fabrication assistée par ordinateur. Le programme comprend une partie de formation, occupant environ 40% du temps du stage, le reste relevant du travail pratique sur les maquettes.» Coûts annuels du projet: 600 000 francs, financés par le canton.

Bernard Schrago, chef de projet, précise que «Frima 1606 est évolutif. Outre l'aspect formateur et social, nous estimons que sa dimension historique et culturelle peut aboutir à la construction ou à la rénovation d'un espace pouvant accueillir l'ensemble des travaux.» En 2006, on fêtera les 400 ans du plan Martini. Les animateurs du projet espèrent qu'à cette date, un Fribouroscope digne de ce nom pourra voir le jour. Mais, plus qu'un musée traditionnel, le Fribouroscope aimerait pouvoir intégrer tous les supports informatiques pour en faire un lieu d'exposition interactif, à la fois réel et virtuel. Une base de données historiques comprenant des photos, des plans et des gravures anciennes est également en cours de réalisation. A l'heure actuelle, 20 000 fichiers, regorgeant d'informations sur la Fribourg du XVIIe siècle, sont déjà archivés. Cette gigantesque bibliothèque virtuelle pourra être utilisée par le public.

L'exposition «Fribourg Martini 1606» est visible jusqu'au 23 février à la galerie Ilford de l'Hôtel Golden Tulip à Fribourg.

Site Internet: www.frima1606.com.