Président du Conseil municipal d’Hermance, Marc Fuhrmann a été élu mardi, à «une très large majorité» selon le communiqué, à la présidence de l’UDC genevoise lors de son assemblée générale. Seul prétendant à la fonction, ce cadre bancaire de 47 ans titulaire d’un master en économie de l’Université de Saint-Gall succède à la conseillère nationale Céline Amaudruz, appelée à occuper l’une des vice-présidences du parti national.

Si la section genevoise a encore progressé aux dernières élections fédérales ainsi qu’aux élections cantonales 2013 en récupérant deux sièges au Parlement (11 sur 100), l’UDC peine toujours à s’implanter durablement dans les communes. Son nouveau président compte renverser cette tendance.

- Le Temps: Marc Fuhrmann, quelles sont les raisons qui vous ont poussé à présenter votre candidature?

- Marc Fuhrmann: C’est d’abord une inquiétude qui m’a motivé: celle de constater que notre canton rencontre toujours de grandes difficultés financières et que rien n’indique que nos finances soient dans de bonnes mains. Comme je tiens à préserver une Genève compétitive et prospère, c’est naturellement vers l’UDC et sa rigueur que je me suis tourné.

- Votre profil économique laisse penser que vous auriez dû trouver refuge auprès des libéraux-radicaux, non?

- Au contraire. Le PLR demeure beaucoup trop mou et trop à gauche à mon goût. Il n’y a que l’UDC qui réussisse à combiner développement économique et protection de ses habitants. Le PLR, lui, serait prêt à vendre nos libertés au plus offrant. Quant à la gauche, elle oublie un peu vite que l’inconscience budgétaire conduit à péjorer les conditions des plus faibles.

- On sent pointer dans vos propos une certaine inimitié envers l’Union européenne…

- Je ne suis pas un anti-européen. L’UE est un partenaire incontournable de notre pays, mais je souhaiterais que nous puissions négocier d’égal à égal avec elle, c’est tout.

- Vous dites avoir concocté un projet politique pour l’UDC. Quelle en est la teneur?

- Je constate que si nous sommes forts sur les thématiques fédérales, nous ne le sommes moins sur des enjeux cantonaux. Je compte bien capitaliser sur l’accession de Guy Parmelin au Conseil fédéral pour permettre à l’UDC d’occuper une place plus important en Suisse romande et à Genève. C’est un objectif. Je veux aussi que l’UDC reconquière le terrain, et reconstruise des liens entre les sections communales. Il nous faut être plus proches des gens.

- Ce que le MCG a réussi à faire selon vous?

- Je pense que le Mouvement citoyens genevois et Eric Stauffer ont répondu, à un moment donné, à un ras-le-bol de la population.

- Vous ne comptez pas remettre en cause l’accord qui lie vos deux partis?

- Nous avons toujours été proches d’eux, notamment sur la protection des Genevois. Je ne vois aucune raison pour que cela change.

- Reconquérir le terrain, c’est bien. Mais disposez-vous vraiment d’un personnel politique en suffisance?

- Nous disposons d’une base peut-être trop silencieuse. Ce sera mon rôle de motiver et d’encourager ces gens à s’engager un peu plus dans notre parti. Mais si nous leur proposons de défendre leurs idées et leurs combats à l’échelle communale, je pense que cela pourrait susciter de nouvelles vocations.