Le 22 mars 2002, au terme de cinq années d’investigation, la Commission indépendante d’experts Suisse-Seconde Guerre mondiale publiait son rapport final de 500 pages. Ses travaux avaient mobilisé jusqu’à 40 collaborateurs simultanément qui produisirent 25 volumes contenant 11 000 pages pour un budget de 22 millions de francs. Née dans la tourmente des avoirs en déshérence, la Commission Bergier – du nom de son président – fournit un éclairage sans précédent sur une page sombre de l’histoire suisse. La curiosité publique fut d’abord énorme, puis les critiques nombreuses. A sa publication, le rapport fut soigneusement remisé dans un tiroir par les autorités. Vingt ans plus tard, le conseiller scientifique de la commission, le Neuchâtelois Marc Perrenoud, évoque les principales leçons de cet exercice qui défraya tant de passions.