FRIBOURG

Marc-Antoine Messer: «Les Verts fribourgeois ne pensent pas qu'à la Ville de Fribourg»

Le parti crée quatre groupes régionaux. Entretien avec Marc-Antoine Messer, vice-président.

Les Verts fribourgeois se développent. Confinés jusqu'à présent essentiellement dans le cercle électoral de Fribourg-Ville, ils annoncent la création de quatre groupes régionaux, dans les districts de la Sarine, de la Glâne, de la Gruyère et de la Broye. Chacun d'entre eux sera coordonné par un responsable, qui siégera au comité cantonal. «Ces groupes sont les fers de lance d'une réflexion écologiste remuant en profondeur les régions et préparant le terrain pour les triples élections de 2011 (ndlr: cette année-là, le peuple fribourgeois renouvellera ses autorités sur les plans communal, cantonal et fédéral)», souligne le parti.

Vice-président de la formation écologiste, Marc-Antoine Messer, 24 ans, est actuellement le seul Vert fribourgeois à être membre d'un exécutif communal, celui d'Avry (1616 habitants) où il siège depuis 2004. Personnalité prometteuse, cet étudiant en égyptologie à l'Université de Genève est pressenti pour reprendre la présidence du parti au printemps prochain. Il a supervisé la mise en place des nouvelles structures cantonales.

Le Temps: Dans quel but réorganisez-vous les structures de votre parti?

Marc-Antoine Messer: Nous avons un parti cantonal, qui a du poids en ville de Fribourg (12% des votants lors des cantonales de 2006), mais peu dans les autres régions. Nous voulons y densifier nos réseaux, en mettant en place des structures décentralisées. Ce ne sont pas encore de vraies sections avec un comité propre, mais plutôt des groupes d'animation régionale. Il s'agit d'écouter les problèmes, de thématiser les sujets et de former l'interface avec les gens souhaitant intégrer le parti.

- Concrètement, que change cette nouvelle organisation?

- Elle nous offre un point de chute et une porte d'entrée dans les régions. Témoin notre première tentative, depuis deux ans, dans la Broye, où l'action de Roman Hapka nous a beaucoup apporté, tant du point de vue de la visibilité auprès des habitants que de la connaissance du terrain et des problématiques environnementales locales.

- Vous semblez avoir plus de peine à vous implanter dans les deux districts majoritairement germanophones de la Singine et du Lac. Une explication?

- Nous sommes aujourd'hui bien avancés pour instituer un groupe dans le Lac. Il existe dans ce district un grand potentiel de membres intéressés. Nous avons aussi commencé des rencontres et des tractations en Singine. Les Verts fribourgeois n'ont aucun problème avec les Alémaniques. Ces dernières années, les responsables du parti étaient des germanophones, certes basés en ville de Fribourg. Le district où nous rencontrons le plus de difficulté est la Veveyse, le plus éloigné du chef-lieu. Or notre parti a la réputation de s'occuper d'abord des enjeux liés à ce dernier et d'être peu à l'écoute des régions. C'est pour pallier cette mauvaise image que nous créons ces groupes régionaux.

- Allez-vous profiler des personnalités en vue des élections de 2011?

- C'est notre but. Nous souhaitons entrer largement dans les exécutifs et parlements des communes. Et accroître sensiblement notre représentation au Grand Conseil. Nous regarderons aussi ce que nous pouvons faire pour l'élection au Conseil national, où les Verts ont un coup à jouer.

- L'urbanisation croissante du canton parle en faveur des Verts, non?

- Oui. L'urbanisation crée des problèmes de transports, d'aménagement: des questions où nous sommes très présents. Par ailleurs, des écologistes provenant d'autres horizons s'installent ici, comme Luc Bardet, nouveau responsable des Verts glânois. Il vient du canton de Vaud, où il était très actif.

- Sur quels thèmes allez-vous axer votre politique l'an prochain?

- Nous nous focaliserons sur quelques thèmes: les questions énergétiques, le développement des transports, l'aménagement du territoire, un domaine où Fribourg est le vilain petit canard suisse, qui, sous prétexte de sa démographie galopante, fait n'importe quoi.

- Lancerez-vous le référendum contre le crédit de 25 millions destiné aux remontées mécaniques du canton, combattu en vain par vos députés?

- Malheureusement, l'éventualité d'un référendum parlementaire semble improbable, même si nos députés s'activent encore à récolter des voix parmi leurs pairs. Il est impossible pour nous de lancer un référendum populaire. Nous n'avons pas la force de frappe pour récolter 6000 signatures.

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