La dépêche, datée du 1er juillet 2009, explique que le Conseil fédéral s’est réuni en «séance spéciale» pour aplanir le différend avec les Etats-Unis. Il décide alors de sanctionner et de fermer une société suédoise établie en Suisse, Colenco, soupçonnée de violer l’embargo technologique contre l’Iran. Colenco, basée à Baden (AG) et spécialisée dans la conception de réacteurs nucléaires, aurait entretenu des relations avec Novin, une entreprise iranienne liée, selon les Etats-Unis, au programme nucléaire iranien. La Suisse avait auparavant défendu le droit de Colenco de commercer avec l’Iran.

Doris Leuthard, qui représentait le Conseil fédéral dans ce dossier, aurait ensuite exposé au chargé d’affaires américain à Berne la volonté de la Suisse d’accueillir des prisonniers de Guantanamo. Trois résident actuellement en Suisse, dont deux Ouïgours qui vivent dans le Jura. Selon l’expression de Doris Leuthard, il ne s’agissait pas d’un troc au sens strict du terme, mais «d’éléments montrant que la Suisse s’engageait à résoudre tous les problèmes entre nos pays». C’est la première fois que le lien entre l’abandon des poursuites contre UBS, l’Iran et Guantanamo est établi de façon aussi nette dans un document officiel.

Ce câble diplomatique américain provient des centaines de milliers de documents collectés par le site WikiLeaks, que le quotidien norvégien dit avoir réussi à obtenir sans l’autorisation de son fondateur, Julian Assange.

Démenti officiel

Lors d’une conférence de presse à Berne ce jeudi, Doris Leuthard a démenti tout lien entre l’accord UBS, l’accueil des Ouïgours et les mesures prises à l’encontre de Colenco.